DOCTRINE DE L'ÉPÎTRE
un orgueil trop naturel chez ceux qui s'élevaient à cette éminence de doctrine.
Mais à la hauteur de pensée où l'inspiration divine et ses propres méditations l'ont porté, l'Apôtre n'aura nul besoin pour réfuter l'hérésie colossienne, de se distraire, même un instant, du mystère du Christ. Celui qui se tient fermement dans la région des principes trouve dans leur pure lumière de quoi répondre aux difficultés soulevées contre la vérité. Or, pour l'Apôtre dorénavant il n'existe pas des principes, mais un principe : pour lui, nous le savons depuis l'épître aux Ephésiens, le mystère du Christ, impliqué déjà dans l'épître aux Romains, est la clef de tous les desseins de Dieu, Ja philosophie divine de toute l'histoire, le foyer de la doctrine, la raison suffisante de tous nos devoirs dans l'ordre surnaturel. Il n'aura donc qu'à rappeler la rénovation complète de toute l'humanité dans le Christ, le nivellement en lui de toutes les distinctions, l'effacement des prescriptions périmées, pour éliminer les restes de judaïsme impliqués dans l'erreur colossienne ; de même que la primauté du Christ et sa médiation universelle lui suffiront pour écarter les médiations surajoutées où se complaisaient les docteurs nouveaux. Celui-là lirait avec beaucoup d'inattention les pages de l'Apôtre, qui supposerait qu'en écartant les médiations angéliques de ce gnosticisme naissant, saint Paul a, du même coup, proscrit la médiation et avec elle le culte des Anges et des Saints, tel qu'il est pratiqué par l'Eglise : la médiation colossienne se substituait à celle du Seigneur, la médiation chrétienne attribuée aux Anges et aux Saints est subordonnée à celle du Seigneur et lui emprunte toute son efficacité. Cela suffit. ' '
L'épître entière se peut diviser comme il suit :
Après l'adresse, I, 1-3, une introduction, 4-11 ;
la partie doctrinale, depuis I, 12, jusqu'à II, 3 ;
la partie polémique, depuis II, 4, jusqu'à III, 4 ;
l'exhortation, III, 5, jusqu'à IV, 6 ;
enfin, la conclusion et les salutations ordinaires, IV, 7,. jusqu'à la fin.