‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 425 sur 663 · ADRESSE ET INTRODUCTION · texte numérisé non relu

ADRESSE ET INTRODUCTION

l'adresse

1 Paulus Apostolus Jesu Christi per voluntatem Dei, et Timotheus frater : 2 eis qui sunt Colossis, sanctis, et fidelibus fratribus in Christo Jesu. Gratia vobis, et pax a Deo Pâtre nostro, et Domino Jesu Christo.

Nous, connaissons déjà celui qui écrit. C'est lui qui autrefois (II Cor., V, 14, 15, 16), après nous avoir dit que la charité du Christ le presse jusqu'à ne pas lui laisser de repos, ajoute.: Et si cognovimus secundum carnem Christum, sed nunc jam non novimus. Connaître le Christ selon la chair, c'est ne savoir de lui que ce que les yeux et l'expérience naturelle ont pu apercevoir, sa beauté, sa doctrine, ses miracles, les événements de sa vie et les circonstances de sa mort ; Fnais au delà il existe une connaissance plus haute, qui nous donne avec le fait historique, le vrai sens de sa vie, sa portée divine, sa signification réelle, et son rapport avec la révolution surnaturelle qu'il accomplit dans le monde religieux. Pour l'Apôtre le Christ de l'histoire et le Christ de la foi, c'est tout un. C'est de ce Christ que Paul est l'ambassadeur et l'Apôtre, en vertu d'une vocation divine toute gracieuse et qui exclut avec tout mérite personnel, toute désignation venant d'une autorité humaine. L'Apôtre tient de Dieu seul son investiture.

Timothée n'a pas été associé à saint Paul dans la suscription de l'épître aux Ephésiens, Peut-être était-il absent alors. Il est nommé aujourd'hui avec un accent d'affection surnaturelle. C'est le nom de Timothée que l'Apôtre a le plus souvent uni au sien : Première et Deuxième aux Thessaloniciens ; Deuxième aux Corinthiens ; toutes les épîtres de la captivité, sauf celle aux Ephésiens.

La lettre est adressée aux chrétiens de Colosses, que nous connaissons déjà, eux aussi, par les pages qui précèdent. Ce sont des convertis de la gentilité, gens simples, peu cultivés, accessibles à l'erreur, et néanmoins préparés par l'enseignement chrétien ordinaire à entendre la doctrine de l'Apôtre. Les formules sont à peu près les mêmes que celles employées dans l'adresse des autres épîtres ; pourtant la pensée de l'Apôtre leur donne une valeur adaptée aux personnes et à leur condition. Lorsqu'il les appelle saints, c'est-à-dire soustraits aux usages profanes, voués et consacrés à Dieu, transformés dans leur être entier (nova creatura) : lorsqu'il les appelle fidèles dans la grâce qui leur vient du Seigneur Jésus, il n'est pas défendu d'y voir, sous l'éloge, un avertissement implicite à persévérer dans le milieu surnaturel où ils ont été portés, en dépit des doctrines étrangères qui les sollicitent — Observons que saint Paul a modifié quelque chose dans la suscription de ses lettres. A l'origine, il les a adressées à l'Eglise qui est à Thessalonique, à l'Eglise qui est à Corinthe, aux Eglises de Galatie : à dater de l'épître aux Romains et comme si dorénavant Eglise signifiait pour lui non une communauté particulière, mais tout le grand ensemble du corps mystique de Jésus-Christ, il parle non à l'Eglise, ni aux Eglises, mais à la réunion particulière des saints, des consacrés, des régénérés, qui appartiennent à la vie du Seigneur. Remarquer pourtant Col., IV, 15, 16.

Une lettre a toujours deux auteurs : celui qui écrit, celui à qui il écrit, nous connaissons l'un et l'autre. Vient ensuite le souhait qui les unit ; c'est selon la coutume de l'Apôtre la grâce et la paix : la grâce, c'est-à-dire la bienveillance surnaturelle de Dieu avec les bienfaits qui l'accompagnent ; la paix, c'est-à-dire, après la réconciliation avec Dieu et l'effacement de toutes fautes, l'union à Dieu. Les éditions de la Vulgate ont complété le v. 3, en y ajoutant, conformément aux autres épîtres : et Domino Jesu Chrisfo ; le iexie original porte seulement : a Deo Pâtre nostro. L'épître tout entière ne devant avoir d'autre dessein que de nous enseigner ex

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