ACTION DE GRÂCES ET PRIÈRE
3 Gratias agimus Deo, et Patri Domini nostri Jesu Christi semper pro vobis orantes : * audientes fidem vestram in Christo Jesu, et dilectionem, quam habetis in sanctos omnes 5 propter spem, quae reposita est vobis in caelis : quam audisiis in verbe veritatis Evangelii ; e quod pervenit ad vos, sicut et in universo mundo est et fructificat, et crescit sicut in vobis, ex ea die, qua audistis et cognovistis gratiam Dei in veritate, ^ sicut didicistis ab Epapfira charissimo conserva nostro, qui est fidelis pro vobis minister Christi jesu, s qui etiam manifestavit nobis dilectionem vestram in spiritu: 9 ideo et nos ex qua die audivimus, non cessamus pro vobis orantes, et postulantes ut impleamini agnitione voluntatis ejus, in omni sapientia et intellectu spiritali : ^^ ut ambuletis digne Deo per omnia placentes : in omni opère bono fructificantes, et crescentes in scientia Dei : n in omni virtute confortati secundum potentiam claritatis ejus in omni patientia et longanimitate cum gaudio.
La reconnaissance de l'Apôtre ne s'exprime pas, comme dans l'épître aux Ephésiens, sous la forme d'une exclamation enthousiaste ; elle est d'un accent plus calme et mêlée de prière instante auprès de Dieu. L'Apôtre sait bien que les intérêts de Dieu sont menacés et que son triomphe à Colosses demeure en suspens. Nous l'avons reconnu avec l'Apôtre, le nœud du problème surnaturel est au cœur du chrétien. Si ce cœur ne s'incline, tout aura été vain dans les conseils et les efforts de Dieu, dans les souffrances et la mort du Christ ; le succès de Dieu, comme l'éternelle félicité de l'homme, tout est suspendu à une décision de notre liberté. C'est pour cela que Paul et Timothée prient sans cesse afin que s'achève dans la grâce de Dieu ce que la grâce a commencé.
Mais leur confiance est grande. Ils ont appris (àxoûffavTEç ) des lèvres d'Epaphras que la foi, la charité et l'espérance régnent à Colosses. Ces vertus qui unissent à Dieu, résument le christianisme et sont connues dés la première heure de l'Eglise (IThess., I, 3 ; I Cor., XIII). La foi, qui est le principe de la vie surnaturelle, la suture vivante qui nous attache au Seigneur ; la charité, qui en est la traduction ; car attachés à la vie du Seigneur par la foi, nous regardons comme notre prochain et comme nous étant intimes, tous ceux qui, comme nous, appartiennent à Notre-Seigneur Jésus-Christ.
II est légitime que la charité active et fraternelle, soit déterminée par l'espérance et la pensée du salaire éternel assuré à ceux qui aiment leurs frères. Aussi l'espérance estelle prise ici moins au sens de la vertu, telle qu'elle est au cœur du chrétien, qu'au sens objectif, pour le bien espéré, pour la récompense céleste, future encore, mais assurée comme un dépôt confié aux mains de Dieu. Cet objet de notre espérance, qui repose dans le ciel et nous attend, est un bien tout à la fois connu et inconnu : inconnu, puisque nous n'en jouissons pas encore par une réelle expérience, et que Dieu, pour nous ménager des surprises, nous le maintient voilé ; connu pourtant, parce qu'il nous a été révélé par la prédication de l'Evangile.
Lorsqu'un homme poursuit un dessein déterminé à qui il s'est voué tout entier, son intention se trahit d'elle-même, ses paroles se teignent de la couleur de sa pensée secrète, et, même à son insu, ce qu'il dit est orienté par son intention profonde. Ainsi en parlant de l'Evangile, l'Apôtre dit : « la parole de la vérité de l'Evangile », Iv tôj Xôyu tt,; àAyjOsîaç -coO EuayyeÀtou. Il n'est pas d'expression plus opportune à l'adresse de ceux qui se laissaient entraîner à des doctrines nouvelles L'Apôtre leur rappelle, avant même d'engager aucune polémique, que l'Evangile n'est pas seulement vrai, non pas seulement vérité, mais qu'il est la vérité. Or, la condition essentielle de la vérité, c'est de n'avoir pas à être achevée ni