‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 428 sur 663 · LOYAUTÉ ET FIDÉLITÉ · texte numérisé non relu

LOYAUTÉ ET FIDÉLITÉ

des Colossiens, ne leur avait-il pas enseigné la saine doctrine dont ils ne devaient aucunement s'écarter ? C'était ce même Epaphras qui avait réjoui le cœur de l'Apôtre en lui apprenant l'affection que lui gardaient les Colossiens : affection toute surnaturelle, par son principe, par sa fin, par la sphère où elle s'exerce (év n;veu|jiaT!. ), puisque l'Apôtre leur était inconnu.

Ce que nous avons appris d'Epaphras nous a été une joie, poursuit l'Apôtre, et depuis lors nous ne cessons, Timothée et moi, d'implorer pour vous la grâce de Dieu, et de lui demander l'achèvement de ce qu'il a commencé. Comme l'être moral, l'être surnaturel doit croître et grandir. Or, naturellement et surnaturellement, les êtres grandissent et se développent dans les conditions de milieu, d'atmosphère et d'aliment qui leur ont été assignées . dès leur naissance. Vous êtes donnés à Dieu par le Christ. Il ne vous reste plus maintenant, qu'à vivre dans la. pleine loyauté, et c'est là ce que nous sollicitons de Dieu pour vous. La loyauté c'est l'appartenance à la loi, c'est l'absolue simplicité du cœur et l'entière fidélité. Il n'y a de place dans l'âme loyale que pour la seule volonté de Dieu. Elle s'est emparée de l'être tout entier. Tout le travail de la vie surnaturelle en progrès consiste dans une pénétration croissante de la souveraineté du Seigneur en nous. On nous parle beaucoup du développement de la doctrine, mais le vrai développement est surtout celui qui s'accomplit en nous par l'effacement de l'égoïsme, et le règne intérieur de Dieu seul. S'il existe d'autres formes de développement, elles sont subordonnées à celle-là. Ce sont les saints qui font la lumière et servent les intérêts de la vérité. C'est lorsque les âmes sont pleinement conscientes de ce que Dieu veut, et dociles à cette volonté, qu'elles sont vraiment sages, vraiment prudentes, d'une sagesse et d'une prudence éminente, qui n'a rien à emprunter à des prétendues lumières humaines. L'allusion aux doctrines étrangères transpire sans cesse.

Le but final de la sagesse et du discernement spirituel

créés en nous par la connaissance achevée de la volonté de Dieu, qui est l'Eglise et le mystère du Christ tels que nous les a révélés l'épître aux Ephésiens, tels qu'ils sont toujours présents à la pensée de l'Apôtre, et dont il nous parlera encore dans un instant, c'est, devant cette divine profusion de tendresse, de mener une vie digne du Christ à qui nous appartenons et de lui plaire en toute chose. Nous sommes en lui, agissons selon lui. Nous sommes une créature nouvelle : notre vie doit être conforme à notre être nouveau.

Vient ensuite une description de ce que doit être la vie chrétienne, dessinée dans les quatre caractères fructificantes, crescentes, confortati, gratias agentes : (on peut comparer avec Eph., V, 17, 21) : porter des fruits, consistant en bonnes œuvres qui naissent en nous de la sève du Christ ; les œuvres surnaturelles enrichissent le fonds même d'où elles procèdent et ainsi se réalise le deuxième caractère : grandir, chaque jour, par une connaissance chaque jour plus attentive à Dieu ; s'affermir, moyennant sa grâce toute-puissante, dans une sainte énergie qui nous fasse tout souffrir, tout supporter même avec joie, la condition du chrétien étant essentiellement militante, et les épreuves ne devant jamais lui manquer; enfin, avec la joie dont il vient d'être parlé, l'action de grâces (III, 17) rendue au Père éternel : sentiment si familier, recommandation habituelle à l'Apôtre, mais qui s'impose impérieusement alors qu'il rapporte à la source divine première le bienfait inestimable dont il est impatient de nous parler.

Rappelons-nous que dans l'épître aux Ephésiens I, 2-14, c'est aussi constamment du Père qu'il est question : mais ici l'action de grâces qui s'adresse à lui implique, contre l'hérésie colossienne, qu'il est le premier et universel bienfaiteur.

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