‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 43 sur 663 · ARRESTATION DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE SAINT PIERRE

manibus ejus. 8 Dixit autem Angélus ad eam : Praecingere, et calcea te caligas tuas. Et fecit sic. Et dixit illi : Circumda îibi vestimentum tuum, et sequere me. 9 Et exiens sequebatur eam, et nesciebat quia verum est, quod fiebat per Angelum : existimabat autem se visum videre. lo Transeuntes autem primam et secundam custodiam, venerunt ad portam ferream, quae ducit ad civitatem : quae ultra aperta est eis. Et exeuntes processerunt vicum unum : et continua discessit Angélus ab eo. 11 Et Petrus ad se reversas, dixit : Nunc, scia vere quia misit Dominas Angelum suum, et eripuit me de manu Herodis, et de omni expectatione plebis Judaeorum. -12 Consideransque venit ad domum Mariae matris Joannis, qui cognominatus est Marcus, ubi erant multi congregati, et orantes. is Puisante autem eo ostium januae, processit puella ad audiendum, nomine Rhode. 14 Et ut cognovit vocem Pétri, prae gaudio non aperuit januam, sed intro currens nuntiavit stare Petrum ante januam. is At illi dixerunt ad eam : Insanis. Illa autem affirmabat sic se habere. Illi autem dicebant : Angélus ejus est. ^^ Petrus autem perseverabat pulsans. Cum autem aperuissent, viderunt eum, et obstupuerunt. i^ Annuens autem eis manu ut lacèrent, narravit quomodo Dominas eduxisset eum de carcere, dixitque : Nuntiate Jacobo, et fratribus haec. Et egressus abiit in alium locum.

Il est naturel de supposer q[ue la mission de saint Paul et de saint Barnabe, accréditée non auprès des apôtres mais auprès des prêtres ou anciens, ad senior es (XI, 30), a coïncidé avec la persécution dirigée contre les chefs de l'Eglise par Hérode Agrippa P', quelque temps avant sa mort, survenue en août 44.

Une homélie de l'évêque de Poitiers, demeurée fort célèbre, nous a rappelé la série des trois Hérode ; Hérode le Grand l'Iduméen, roi des Juifs, qui nous est connu par le deuxième chapitre de saint Matthieu et le massacre des Innocents ; Hérode Antipas, tétrarque de Ja Galilée, le meurtrier de saint Jean Baptiste, mêlé à la Passion du Seigneur ;

Hérode Agrippa I*"' dont il nous est parlé ici, petit-fils d'Hérode le Grand. Il avait conquis la faveur de Caligula et reçu de lui, avec le titre de roi, les tétrarchies de la Trachonitide, de la Galilée, de la Pérée. Dès la première année de son règne, Claude l'avait gratifié de la Judée et de la Samarie, et avait, dès lors, restitué entre ses mains presque tout le pays autrefois soumis à Hérode le Grand son aïeul. Le royaume de la Judée se relevait ainsi, à la grande joie des Juifs ; leur roi était bienfaisant à ses heures ; il avait des goûts de magnificence et témoignait un vif attachement aux coutumes juives : les Juifs en auguraient déjà une grande résurrection politique et religieuse. II n'est pas défendu de penser qu'ils intervinrent auprès du roi afin de se défaire, en frappant ses chefs, d'un mouvement religieux qui avait à leurs yeux un caractère antinational.

Lorsque commence la persécution, les apôtres sont encore à Jérusalem. Ils sont spécialement visés : on veut frapper à la tête. Qu'est-ce qui valut à Jacques le Majeur, frère de Jean, l'honneur de boire, le premier des apôtres, au calice du Seigneur, comme il l'avait demandé ? Nous ne savons de lui, avec ce qiie nous disent les Actes, que ce que le premier historien de l'Eglise nous a rapporté (Hist. EccL, lib. II, cap.IX). Il fut victime d'une délation et périt par le glaive. Hérode Agrippa voulait plaire aux Juifs : sa vanité lui faisait rechercher les hommages et les applaudissements ; s'apercevant qu'il avait fait plaisir, il redoubla et, à l'approche de la fête de Pâques, fit saisir saint Pierre et le jeta en prison, avec le dessein, les jours de fête étant passés, de le produire devant le peuple, c'est-à-dire de le faire périr avec quelque solennité, au quinzième anniversaire du crucifiement de son Maître. On peut supposer que saint Pierre, dans sa prison, eut le loisir d'y penser, pendant que l'Eglise, sans trêve, priait Dieu pour lui. Toutes précautions d'ailleurs avaient été prises pour qu'il ne pût échapper : peut-être, un incident antérieur (V,19), dont le souvenir n'était pas effacé sans doute, avait-il provoqué un surcroît de vigilance et un vrai luxe de précautions :

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