‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 44 sur 663 · EMPRISONNEMENT ET DÉLIVRANCE · texte numérisé non relu

EMPRISONNEMENT ET DÉLIVRANCE

ia prison n'étant pas jugée suffisante, la nuit, de veille en veille, un groupe de quatre soldats relayait un autre groupe auprès du prisonnier. Deux étaient à l'intérieur, reliés à lui par une chaîne étroite, deux à l'extérieur. L'évasion était impossible d'un prisonnier étroitement noué de la sorte à ses gardiens, gardé par de solides verrous, et qui, au sortir de la prison, se serait heurté aux deux soldats postés à l'extérieur. Or, la nuit d'avant le supplice, à la quatrième veille de la nuit, entre trois et six heures du matin, alors que Pierre dormait entre les deux soldats, lié à chacun d'eux par une chaîne, selon la coutume romaine, les deux autres étant devant la porte de la prison, l'ange du Seigneur vint, une lumière brilla à l'intérieur. Pierre dormait, comme Alexandre, comme Condé. L'ange lui poussa le côté, et lui dit : « Levezvous vite. » Et les chaînes tombèrent de ses mains. L'ange ajouta : « Votre ceinture, maintenant, et vos sandales. » Pierre obéit. « Votre tunique, et suivez-moi. » Il suivait l'ange, il sortait avec lui, et ne croyait pas que ce fût réalité, mais une vision seulement. Ils passèrent ainsi devant l'un et l'autre des soldats qui gardaient à l'intérieur la porte de la prison, et arrivèrent ensemble à la porte de fer qui communique avec la ville : elle s'ouvrit d'elle-même devant eux. Une fois franchie, la liberté reconquise, l'ange accompagna Pierre jusqu'à ce qu'il eût dépassé la rue, et disparut.

C'est alors seulement que l'Apôtre, revenu complètement à lui-même, se ressaisit, pour prendre conscience de toute la réalité, et remercier Dieu qui avait envoyé son ange, l'avait retiré des mains d'Hérode, et trompait ainsi l'attente des Juifs.

A dater de ce moment, saint Pierre, qui connaissait Jérusalem, n'avait plus besoin de personne pour le guider. Il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, cousin de Barnabe, où nombre de frères s'étaient réunis et priaient. Il frappa à la porte ; une jeune fille du nom de Rhodé vint à son appel. Elle reconnut la voix de saint Pierre; mais folle et un peu éperdue de joie, au lieu d'ouvrir, elle

courut aux fidèles réunis leur apprendre que Pierre était là qui frappait à la porte. On lui répondit qu'elle perdait la tête : mais, comme elle affirmait de plus belle, les fidèles se dirent : « C'est peut-être son ange. » Durant ces explications, Pierre était toujours dehors, redoutant sans doute la poursuite des soldats d'Hérode, et insistant. On finit par ouvrir ; la surprise fut grande lorsque tous le reconnurent. Mais l'heure n'était pas aux longues explications.

Pierre imposa silence, raconta brièvement comment le Seigneur l'avait délivré de prison, demanda que la nouvelle en fût portée à Jacques et à tous les frères, puis, sans tarder, s'en alla ailleurs. Eusèbe croit qu'au sortir de Jérusalem, saint Pierre se rendit à Rome, ce qui n'est pas impossible : pourtant au chapitre XV nous retrouverons saint Pierre à Jérusalem.

18 Facta autem die, erat non parva turbatio inter milites, quidnam factum esset de Petro. i9 Herodes autem cum requîsisset eum, et non invenisset, inquisitione facta de custodibus, jussit eos duci ; descendensque a Judaea in Caesaream, ibi commoratus est. ^^ Erat autem iratus Tyriis, et Sidoniis. At illi unanimes vénérant ad eum, et persudso Blasto, qui erat super cubiculum régis, postulabant pacem, eo quod alerentur regiones eorum ab illo. 21 Statuto autem die Herodes vestitus veste regia, sedit pro tribunali, et concionabatur ad eos. 22 Populus autem acclamabat : Dei voces, et non hominis. 23 Confestim autem percussit eum Angélus Domini, eo quod non dedisset honorem Deo : et consumptus a vermibus, expiravit. 24 Verbum autem Domini crescebat, et multiplicabatur. 25 Barnabas autem et Saulus reversi sunt ab Jerosolymis expleto ministerio, assumpto Joanne, qui cognominatus est Marcus.

Si grande qu'ait été l'heureuse surprise des fidèles, elle fut sans doute moindre que la déception des soldats d'Hérode lorsque, la dernière veille finie, au point du jour, ils ne trou-

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