‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 430 sur 663 · LE VRAI MÉDIATEUR · texte numérisé non relu

LE VRAI MÉDIATEUR

12 Gratias agentes Deo Pat ri, qui dignos nos fecit in partem sortis sanctorum in lumine : is qui eripuit nos de poiestate tenebrarum, et transtulit in regnum filii dilectionis suae, 14 in qao habemus redemptionem per sanguinem ejus, remissionem peccatorum. ■

Qui est-ce qui a osé dire que le Père est trop haut et trop loin de nous pour avoir le souci de nous ? C'est de lui

pourtant que nous vient le titre premier et tout gracieux à notre part d'héritage avec les saints dans la lumière : car, de nous-mêmes, nous n'avions droit qu'aux ténèbres et au châtiment ; c'est lui qui, pour accomplir ce dessein de miséricorde, nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et à la servitude du démon, lui qui nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé. L'allusion est claire au procédé des conquérants anciens de transporter dans des terres nouvelles le noyau des peuples vaincus (Cf. Jerem., LU, 28-31). Mais ce qui est plus considérable en cette doctrine de l'Apôtre, c'est qu'elle ruine la base même du système colossien : le Père prédestine, le Père rachète, le Père adopte ; et tous ces fils qu'il se donne, ce n'est pas aux Anges qu'il les confie, puisqu'il les soumet au sceptre et à la souveraineté du Fils de sa tendresse : Non enim Angeîis subjecit orbem terrae futurum de quo loquimur, est-il dit aux Hébreux, II, 5. Le vrai médiateur, c'est le Fils de Dieu. Ce n'est donc pas aux Anges, mais au seul Fils de Dieu et à l'effusion de son sang que nous devons d'être aujourd'hui rachetés, soustraits à un pouvoir tyrannique et purifiés de nos fautes. On le voit bien, in quq, a ici la valeur d'une affirmation emphatique, et, avec l'allusion au sang versé, exclusive des prétendues médiations angéliques. La cognée de l'Apôtre est à la racine même de l'hérésie.

Mais son dessein porte plus loin encore. Et l'erreur colossienne ayant voulu revendiquer pour les Anges un rôle et une mission qui sont la gloire personnelle du Verbe incamé, saint Paul, avec un accent de hauteur triomphante, restituera au Fils de Dieu ce qui n'appartient qu'à lui (15-21). La doctrine colossienne eût préparé la ruine du christianisme. Elle était, au fond, désespérante. Car un médiateur ne saurait nous conduire qu'à la région où il a lui-même accès de droit. Je comprends bien que le Fils de Dieu fasse de nous des enfants de Dieu, et qu'ils nous guide, en lui et avec lui, jusque dans la région de Dieu. Mais l'Ange qui, non plus qu'aucune créature, n'appartient à la région de Dieu, ne sera

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