‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 433 sur 663 · LE VERBE DE DIEU · texte numérisé non relu

LE VERBE DE DIEU

à l'infini au-dessus d'elle, ne l'en sépare et ne l'en isole aucunement. Ni il n'est un étranger pour la création, ni la création ne lui est étrangère : elle n'est pas en dehors de lui. Au contraire, c'est en lui que toutes choses ont été créées à l'origine : c'est en lui comme condition première que nous avons la vie, le mouvement et l'être, c'est en lui qu'ont été créées, au ciel et sur la terre, les choses visibles et les invisibles, celles-là même que l'on prétend aujourd'hui lui substituer, les Trônes, les Dominations, les Principautés, les Puissances. Dès lors, d'où peut naître à des êtres qui ne sont que dans le Verbe et par lui, la prétention de suppléer le Verbe lui-même et de parvenir là oti il ne parviendrait pas ? Délègue-t-on à autrui une puissance que l'on ne possède pas soi-même ?

Et non seulement toutes choses sont dans le Verbe, mais toutes sont faites par lui, toutes sont faites pour lui, il les a devancées toutes dans son éternité, et ce n'est qu'en lui que toutes possèdent leur durée, leur ordre, leur harmonie d'ensemble et leur beauté : il les porte toutes dans sa main. Nous avons à peine le loisir, dans -cet énoncé des grandeurs du Verbe de Dieu, d'observer que l'Apôtre en s'adressant aux premiers chrétiens suppose que la doctrine des Anges leur est familière.

Toute la théologie du Verbe est ici contenue ; comme au premier chapitre de l'épître aux Ephésiens, l'énoncé est d'une densité extrême, nous y retrouvons les mêmes appels répétés au Seigneur : in ipso, per ipsum, in ipso, et ipse, in ipso, et ipse, in ipso, per eum, in ipsum (14-19), comme si l'Apôtre ne pouvait se satisfaire en son dessein de fixer notre attention sur le Seigneur. Mais combien la largeur de sa doctrine dépasse les conditions chétives et mesquines de l'erreur colossienne ! II nous a appris les relations du Verbe avec Dieu (15), les relations de toute la création naturelle avec le Verbe (16-17) ; voici venir maintenant les rapports étroits du Verbe incarné avec la création surnaturelle qui est l'Eglise, en qui se traduit la plénitude de sa vie et de sa médiation (18, 19, 20).

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