LE CHRIST ET L'ÉGLISE
18 Et ipse est caput corporis Ecclesiae, qui est principium, primogenitus ex mortuis : ut sit in omnibus ipse primatum tenens : i9 quia in ipso complacuit, omnem plenitudinem inhabitare : 20 et per eum reconciliare omnia in. ipsum, pacificans per sanguinem crucis ejus, sive quae in terris, sive quae in caelis sunt.
C'est encore lui, né de Dieu avant toute créature, et dès lors en possession d'une première et divine primauté, déjà chef de la création qui tout entière repose sur lui, c'est lui qui est le chef et la tête de l'Eglise : elle est elle-même son corps. Mais au lieu que dans l'ordre de la création naturelle son influence est purement causale, (car ce n'est pas de lui, ce n'est pas de sa sève et de sa vie qu'il donne a la création : il la soutient seulement au-dessus du néant) ; ici, dans l'ordre de la création surnaturelle, son influence est vitale. C'est en un sens très vrai sa vie qui s'épanouit dans l'Eglise. L'Eglise est l'épouse du Christ (Eph., V, 29) ; elle est aussi le corps du Christ, animé de la vie du Christ. Il y a en effet unité de vie entre la tête et le corps. Il est le chef et la tète du corps de l'Eglise, supérieur à elle, concentrant en lui toutes énergies surnaturelles, les répandant harmonieusement dans tout l'ensemble vivant dont il est la tète, en même temps qu'il est le premier principe des choses, né avant toute créature, primogenitus omnis creaturae (15), et aussi le premier-né d'entre les morts, sa résurrection étant la cause et l'exemplaire de toute résurrection. C'est ainsi qu'il possède une éminente primauté et relativement à la création naturelle, et relativement à cette création surnaturelle, qui est l'Eglise. Où trouver maintenant la place de ces médiateurs angéliques qu'on lui donne comme rivaux ? Car cette primauté du Verbe incarné n'a rien de platonique et d'inopérant ; dans tous les ordres elle implique plénitude et efficacité souveraines : dans l'ordre de la création, nous l'avons appris au v. 16 ; dans l'ordre de l'Eglise