‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 436 sur 663 · RÉNOVATION PAR LE CHRIST · texte numérisé non relu

RÉNOVATION PAR LE CHRIST

nis ejus per mortem, exhibere vos sanctos et immaculatos et irrépréhensibles coram ipso : 23 si tamen permanétis in fide fundati, et stabiles, et immobiles a spe Evangelii, quod audistis, quod praedicatum est in universa creatara, quae sub caelo est, cujus factus sum ego Paulas minister. 24 Qui nunc gaudeo in passionibus pro vobis, et adimpleo ea, quae desunt passionum Christi, in carne mea pro corpore ejus, quod est Ecclesia : 25 cujus factus sum ego minister secundum dispensationem Dei, quae data est mihi in vos, ut impleam verbum Dei : 26 mysterium, quod absconditum fuit a saeculis, et generationibus, nunc autem manifestatum est sanctis ejus, 27 qulbus volùit Deus notas facere divitias gloriae sacramenti hujus in gentibus, quod est Christus, in vobis spes gloriae, 28 quem nos annuntiamus, corripientes omnem hominem, et docentes omnem hominem in omni sapientia, ut exhibeamus omnem hominem perfectam in Christo Jesu. 29 in quo et laboro, certando secundum operationem ejus, quam operatur in me in virtute.

La portion doctrinale se poursuit, mais dans une application personnelle aux Colossiens, conçue dans les termes mêmes que nous avons lus déjà au chapitre II de l'épître aux Ephésiens, et dans le même dessein de faire mesurer aux Colossiens l'étendue de la révolution morale accomplie en eux par la Rédemption. Quel état ! et quel état ! Les Colossiens font partie de ce traité de paix signé dans le sang du Christ. Ils étaient étrangers à Dieu, éloignés de lui non pas seulement par leurs œuvres, mais par une sorte d'inimitié de principe, et par l'hostilité plus profonde de leur pensée et du système entier de leur vie ; voici que maintenant ils forment un cas particulier de cette réconciliation universelle accomplie dans le- monde. Est-ce que les Anges sont les facteurs de cette révolution ? Est-ce qu'elle vient d'eux ? Aucunement ; elle s'est accomplie par le Christ, dans la réalité vivante de son corps, et moyennant l'effusion de son sang, moyennant sa mort. Toutes les fois que l'Apôtre se

retrouve en face de cette grande miséricorde, de cette glorieuse profusion de la tendresse divine, il ne peut se satisfaire d'une justice banale et quelconque. Ce n'est pas avec une vie vulgaire que le chrétien peut répondre à l'excès d'amour de son Dieu. Je ne sais pas, dit l'Apôtre, ce que c'est qu'aimer à demi ; mais je sais bien qu'on ne peut aimer à demi celui qui nous a aimés de la sorte, et qu'on ne satisfait aux exigences de Dieu qu'à la condition de paraître devant lui revêtus de perfection, de justice achevée, de délicatesse souveraine. Il faut relire ici la première épître aux Corinthiens, XV, 24 et suivants, et l'épître aux Ephésiens, V, 27.

Encore dans ce dessein de justice la première et essentielle condition est-elle l'orthodoxie et la pureté de la foi. L*Apôtre est étranger à ces doctrines protestantes ou modernistes d'après lesquelles l'homme est sauvé par la foi, abstraction faite des croyances et des dogmes. S'il les eût partagées en quelque degré, il aurait rassuré les Colossiens. On vous parle de médiations angéliques, eût-il dit, d'un culte rendu aux Anges, de pratiques d'ascétisme ordonnées au dessein de vous tenir à distance de la matière et de n'avoir avec elle qu'un minimum de rapports. En vérité, tout cela est fort indifférent, fort inoffensif. N'attachez à de telles vétilles aucune importance. Ce que vous croyez est insignifiant : ayez la foi, et croyez tout ce que vous voulez.

Ce n'est pas notre affaire de définir ici ce que peut être la foi dans une telle doctrine. Il n'est pas étonnant que le protestantisme en soit arrivé là : c'est l'aboutissement lo^ gique et fatal de ce qu'on appelle la religion de l'esprit, mais qui est la religion de l'esprit privé. C'est au prix seulement d'une inconséquence que l'on peut s'arrêter sur une telle pente, et garder quand même quelques lambeaux du christianisme. Hors de l'Eglise il n'y a que nihilisme religieux. Ce qui devrait nous surprendre davantage, c'est que pour se faire une théologie, le modernisme de ces derniers temps se soit rattaché à une théorie religieuse ainsi décomposée, qu'il se soit inspiré de ses thèses, qu'il ait pris des détritus pour ses pro-

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