‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 45 sur 663 · MORT D'HÉRODE · texte numérisé non relu

MORT D'HÉRODE

vèrent plus leur prisonnier. La déception était grande aussi pour Hérode lui-même, qui le fit rechercher aussitôt ; mais ne le trouvant nulle part, il n'hésita pas, après enquête, à regarder les soldats comme complices de l'évasion, et les fit conduire au supplice. Puis, son espoir déçu, il s'en retourna de Jérusalem à Césarée : il n'était venu à Jérusalem que pour la fête de Pâques.

Au rapport de Josèphe (Ant. Jud., XIX, 3, 2) dont il faut comparer le récit avec celui des Actes, il était âgé de cinquante-quatre ans, et avait régné sept ans. C'était en la troisième année de l'empire de Claude, qui, après son expédition en Grande-Bretagne, était revenu en triomphateur. Césarée donnait des jeux en son honneur. Les gens de Tyr et de Sidon crurent que l'occasion était excellente pour obtenir d'Hérode par l'intermédiaire de son favori Blastus, le retrait de certaines mesures commerciales interdisant l'exportation du blé de Judée. Sans doute la famine était ressentie déjà, et par les Juifs, et sur tout le littoral de la Phénicie. Au jour convenu, Hérode se présenta dans toute la splendeur de ses vêtements royaux, s'assit sur son trône, et adressa la parole aux députés de Tyr et de Sidon. Tous les flatteurs du roi étaient réunis ; ils donnèrent ïe signal des acclamations : « Ce n'est pas un homme, disaient-ils, c'est un dieu qui parle. »

C'est à l'heure même où, au lieu d'écarter ces adulations impies, Hérode se rengorgeait, que l'ange de Dieu le frappa d'une maladie terrible : il mourut rongé par les vers, comme Hérode son aïeul, comme Antiochus Epiphane et bien d'autres persécuteurs.

Cependant la parole du Seigneur se répandait çà et là, le nombre des fidèles allait croissant à Jérusalem et ailleurs.

Leur mission de charité terminée à Jérusalem, (XI, 30), Barnabe et Saul revinrent à Antioche ; Jean Marc les accompagna : il allait pour un temps, s'associer à leur commun apostolat.

l'apostolat de saint PAUL

1 Erant autem in ecclesia, quae erat Antiochiae, propheiae, et doctores, in quitus Barnabas, et Simon, qui vocabatur Niger, et Lucius Cyrenensis, et Manahen, qui erat Herodis tetrarchae coHactaneus, et Saulus. 2 Ministrantibus autem illis Domino, et jejunantibus, dixit illis Spiritus sandus : Segregâte mihi Saulum, et Barnabam in opus, ad quod assumpsi eos. 3 Tune jejunantes, et orantes, imponentesque eis manus, dimiserunt illos. *Et ipsi quidem missi a Spiritu sancto abierunt Seleuciam ; et inde navigaverunt Cyprum.

Avec le chapitre XIII commence la seconde partie du livre des Actes : désormais, à part une allusion rapide donnée à saint Pierre et à saint Jacques, à l'occasion du Concile de Jérusalem (XV, 7-12), il ne sera plus parlé que de l'apôtre saint Paul. C'est lui, sans aucun doute, qui a fourni à l'historien toute la portion d'événements comprise entre XÏII, 1 et XVI, 10. Ensuite saint Luc a été le compagnon habituel de l'Apôtre et raconte des faits auxquels il a été mêlé, dont il a été témoin.

Depuis la Pentecôte, le centre religieux et la capitale du christianisme a été Jérusalem. C'est de là que l'Evangile s'est répandu sur les régions voisines. Pourtant, à la fin dé cette première époque, un autre centre d'expansion s'est formé, une autre capitale s'est constituée à Antioche de Syrie. C'est là que les Galiléens ou Nazaréens ont pris leur nom définitif de chrétiens ; c'est là que s'est prononcée plus nettement la rupture avec la Synagogue juive ; c'est de là que partira la diffusion de l'Evangile dans l'Empire romain et sur tout le littoral de la Méditerranée. Les expéditions apostoliques de saint Paul, qui dorénavant se partageront le livre des Actes,

ont toutes trois Antioche pour point de départ ; et si la quatrième, celle qui se dirige vers Rome, fait exception à cette règle, c'est qu'elle n'est point complètement volontaire, cellelà ; et que depuis deux ans déjà saint Paul est captif à Césarée.

Leur mission de charité terminée à Jérusalem, Saul et Barnabe sont revenus à Antioche. L'Eglise y comptait alors des prophètes et des catéchistes investis les uns et les autres d'une fonction d'enseignement. On donnait le nom de catéchistes ou SiSâo-xaÀoi à ceux qui, par leur science, leur clarté et la sympathie de leur parole étaient capables d'enseigner fructueusement la doctrine : charisme inférieur dont il est parlé ailleurs (I Cor., XII, 28; Eph., IV, 11). Le nom de prophètes était réservé à ceux qui étaient reconnus pour parler sous l'influence plus spéciale de l'Esprit de Dieu, élevant leur pensée par l'inspiration, étendant leur parole par le don des langues : parmi eux se trouvaient Barnabe, déjà connu, définitivement attaché à la communauté d'Antioche ; Simon, surnommé Niger, sans doute un Africain, comme Lucius de Cyrène, (peut-être le même dont le nom est prononcé encore dans l'épître aux Romains, XVI, 21), qui était de la parenté de saint Paul ; Manahen, le frère de lait d'Hérode le Tétrarque, et Saul.

Au cours de la prière liturgique accompagnée du jeûne, l'Esprit de Dieu, par la bouche des prophètes dont il vient d'être parlé, signifia à l'assemblée des fidèles de mettre à part et de tenir à sa disposition Saul et Barnabe, pour l'œuvre, ajoute le Seigneur, à laquelle je les ai. appelés : l'évangélisation des Gentils. Saul et Barnabe avaient donc dès' lors reçu de Dieu même leur dignité d'apôtre, avec leur mission et l'objet même de leur mission. Ils ne sont pas députés par la communauté à l'œuvre spéciale qu'ils vont accomplir : par les jeûnes, par la prière, même par l'imposition des mains, la communauté et les prêtres n'ont d'autre dessein que de témoigner leur intérêt et leur affectueuse solidarité avec les élus de Dieu.

Page 1