‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 440 sur 663 · TOUT DANS LE MYSTÈRE DU CHRIST · texte numérisé non relu

TOUT DANS LE MYSTÈRE DU CHRIST

pe m'ont pas vu dans la chair et ne m'ont pas connu personnellement. Le ministère de saint Paul dans ses deux séjours en Asie s'était concentré dans Ephèse, comme dans un quartier général, la capitale ; c'est de là en effet qu'il pouvait le mieux atteindre les villes de son ressort, et de fait ces communautés chrétiennes s'étaient formées successivement par la prédication de ceux que saint Paul avait convertis. D'ailleurs le mystère du Christ ramène tout à l'unité, le motif de la charité est universel, et l'affection du cœur de l'Apôtre est calquée sur la charité du Christ luimême. Rien de ce qui est chrétien ne saurait lui être étranger. Et puis Epaphras avait invoqué son aide. Aussi la sollicitude active de saint Paul s'emploie-t-elle constamment dans la prière pour les communautés menacées, afin que les âmes soient fortifiées dans la foi, qu'elles progressent ensemble dans la charité, et aussi dans toutes les richesses de la plénitude surnaturelle de' l'intelligence ; ce qui consiste à penser comme Dieu, à concevoir toutes choses dans l'ordre même où il les a disposées, et pour cela, à nous placer au vrai centre d'observation des choses, à ce point de vue où l'on voit les lignes s'ordonner, les ensembles se distribuer avec harmonie, et se motiver par leur rapport aperçu avec leur fin commune.

Or, pour l'Apôtre, et dans la réalité, nous savons par tout ce qui a précédé, quel est le centre d'observation d'oiî il voit toute l'œuvre divine du temps. Toute la Providence surnaturelle et la marche des choses sont ordonnées vers le mystère qui est tout à la fois de Dieu le Père et du Christ Jésus. Aussi n'avons-nous même pas à nous occuper de la différence de lecture entre le grec et la Vulgate, (v. 2), tant le mystère est indivisiblement le grand conseil de Dieu et l'œuvre du Christ. Vous êtes avides de science, avides de sagesse, dit l'Apôtre aux Colossiens. Pourquoi sortir de ce mystère ? Pourquoi aller chercher ailleurs, dans des rêveries humaines, l'intelligence qui n'est que là ? Là sont tous les trésors de la sagesse et de la science. Et si vous me dites qu'ils sont

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cachés, que vous ne les apercevez pas ; c'est au prix de notre foi, sachez-le, de notre délicatesse, de notre fidélité que nous en pouvons obtenir la révélation. Ni les spéculations orientales, ni les pratiques judaïques ne nous en apprendront rien. On sent venir la critique directe et la réfutation. Mais nous ne tarderons pas à reconnaître que cette réfutation même s'inspire de la considération du mystère.

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