‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 447 sur 663 · CONSÉQUENCES DU MYSTÈRE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DU MYSTÈRE

Christ, c'est le mystère de l'humanité baptisée, s'appuyant sur le Christ et vivant de lui.

Telle est la majeure divine. Si elle est vraie et non une métaphore, si vraiment avec le Christ nous sommes morts aux conditions d'autrefois, morts aux éléments de ce monde, c'est-à-dire à tout ce qui n'a été qu'ébauche et préparation de l'économie actuelle, pourquoi revenir en arrière, comme si nous appartenions encore à un régime désormais périmé, comme si l'Incarnation et la Rédemption n'étaient pas intervenues, comme si notre baptême n'était qu'un rite inefficace, comme si nous n'étions pas enveloppés dans la vie du Christ? On entend les recommandations des nouveaux docteurs qui enseignent l'impureté des viandes et des choses : « Ne touchez pas, ne goûtez pas, n'approchez pas. » Il y a longtemps déjà que l'Apôtre (I Cor., X, 26 et Rom., XIV), devancé d'ailleurs par le Seigneur lui-même (Matth.,XV, 12-20), avait écarté toute cette ascèse et ses prétentions. On peut scander de plusieurs façons la phrase du verset 22. Mais le procédé qui paraît le plus naturel serait, ce nous semble, de regarder la clausule quaesunt in intetitum ipso usa, comme une parenthèse : le dessein de l'Apôtre, dans cette réflexion rapide, étant de montrer que tous ces éléments interdits par les docteurs colossiens, après avoir servi aux fins de l'homme, après l'avoir soutenu et nourri, se détruisent dans l'usage même que nous en faisons, et sont incapables dès lors de souiller notre âme ; c'est le commentaire exact de la parole du Seigneur : omne quod in os intraf, in ventrem vadit, et in secessLini emittitur. La parenthèse fermée, l'Apôtre n'a pas assez de dédain pour ces vaines prescriptions d'un ritualisme matérialisé et sans raison : tout cela ne vient que d'autorité humaine, de tradition humaine, et n'atteint pas ceux qui sont à Dieu, et font profession de n'obéir qu'à lui. C'était déjà ce que disait le Seigneur lui-même : Sine causa calant me, décentes doctrinas et mandata hominum. Ces prescriptions sont vaines, comme dénuées d'autorité : elles n'ont que l'apparence de la sagesse dont elles font parade. Un d'ernier verset.

d'expression quelque peu obscure, énumère les éléments qui donnent aux exigences des docteurs colossiens un faux air de sagesse : in superstitione, èv sQeXoQp-rio-xeîa : c'est le culte volontaire décerné à des puissances supérieures ; — in humilitate, dans leur déférence et leur soumission à ces mêmes puissances ; — le troisième élément est bien désigné par le grec xal â^eiota o-couaTo; : c'est le mépris du corps ; la traduction de la Vulgate est fort imparfaite ; le quatrième élément serait la sévérité ascétique qui se refuse à assurer à la chair ses satisfactions, et n'a nul souci de lui plaire ni d'assouvir ses exigences.

CONSÉQUENCES PRATIQUES

1 Igiiur, si consurrexistis cum Christo : quae sursum sunt quaerite, ubi CItristus est in dextera Dei sedens : 2 quae sursum sunt sapite, non quae super îerram. 3 Mortui enim estis, et vita vestra est abscondita cum Christo in Deo. 4 Qum Christus apparuerit, vita vestra : tune et vos apparebitis cum ipso in gloria.

La conclusion pratique qui ouvre le chapitre III a été préparée par la doctrine et les avertissements du chapitre précédent, à partir surtout de II, 10 et 20. En effet, si nous sommes morts avec le Christ (II, 20), si nous avons dès lors échappé aux conditions, faiblesses et infirmités d'une nature adamique qui n'est plus ; si nous sommes ressuscites avec le Christ, si nous vivons en lui, si cette mort n'est pas une figure, si notre résurrection n'est pas une métaphore, il ne s'agit plus pour nous de dépenser notre pensée et notre attention sur tout cet ensemble chétif dont nous parlent les docteurs colossiens ; mais bien dé demeurer en la sphère de

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