VIE DANS LE CHRIST
vie chrétienne où nous a portés le Christ. Désormais n'ayons de souci que pour les choses d'en haut. Il est normal que notre pensée, nos vouloirs, nos affections soient transportés là oti est le Christ, puisque nous sommes en lui, et vivons de sa vie. Le Christ ne saurait être un être incohérent, de qui les membres vont de ci de là, au hasard, sans une direction commune qui leur vienne du chef. Il est assis à la droite de son Père : en sa personne, nous y sommes aussi. Les choses d'icibas ne nous regardent plus ; ne les regardons pas. Nous sommes désormais morts à tout cela, nous vivons d'une vie autre et nouvelle, que le monde ne connaît pas ; elle échappe à son regard comme à ses vaines prescriptions : elle est toute cachée en Dieu avec le Christ. Aujourd'hui, en effet, le Christ est retourné à Dieu et vit en lui : et nous qui appartenons au Christ, qui sommes et vivons en lui, nous sommes et vivons avec lui en Dieu, à des profondeurs que le monde ignore : nous les ignorons partiellement nous-mêmes et n'avons pas la pleine conscience de notre vitale intimité avec le Fils de Dieu. Ce n'est pas que nous ne soyons dès maintenant les enfants de Dieu, selon la parole de saint Jean (I Joan., III, 2, 3), rejoignant ici toute la doctrine de saint Paul ; mais ce que nous sommes, et ce que nous serons ne paraît pas encore. Il faut attendre, nous disent de concert les deux Apôtres, que le Christ qui est notre vie se montre de nouveau : alors nous apparaîtrons, nous aussi, et avec lui, comme enveloppés dans sa vie et dans sa gloire. Ces quatre premiers versets résument toute la doctrine de l'Apôtre sur la vie chrétienne et la morale surnaturelle, telles que les dessine le mystère du Christ, toujours présent à sa pensée.
L'EXHORTATION CHAPITRE III. (suite)