‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 449 sur 663 · LA MORTIFICATION CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA MORTIFICATION CHRÉTIENNE

5 Mortificate ergo membra vestra, quae sunt super terrain : jornicationem, immunditiam, libidinem, concupiscentiam malam, et avaritiam, quae est simulacrorum servitus : 6 propr ter quae vetiit ira Dei super filios incredulitatis : ^ in quitus et vos ambulastis aliquando, cum viveretis in illis. « Nunc autem deponite et vos omnia : iram, indignationem, malitiam, blasphemiam, turpem sermonem de ore vestro. 9 Nolite mentiri invicem, expoliantes vos veterem hominem cum actibus suis, ^(^ et induentes novum eum, qui renovatur in agnitionem secundum imaginem ejus, qui creavit illum, n ubi non est Gentilis, et Judaeus, circumcisio, et praeputium, Barbarus, et Scytha, servus, et liber : sed omnia et in omnibus Christus.

Prenons donc notre parti de notre grandeur, dit-il aux Colossiens, et soyons dignes de cette région céleste, de cette sphère de vie à qui noUs appartenons désormais. Dans ce dessein il est des tendances pratiques et des œuvres de la vie d'autrefois auxquelles il faut renoncer (5-11), il est des dispositions communes à tous les chrétiens qu'il convient de revêtir. Le verset 4 n'est que parenthèse, et le verset 5 rejoint la pensée du verset 3. Lorsque l'Apôtre nous parle de nos membres qui sont sur terre, et nous prescrit de les soumettre à la mort, nous devons entendre cette mort au sens où le Seigneur lui-même (Matth., V, 29, 30) nous prescrit de nous arracher l'œil et de nous trancher la main : de même que nous devons entendre nos membres qui sont sur terre, au sens où, dans ce même chapitre^ v. 9 et 10, l'on nous parle de l'homme ancien, qui doit disparaître et faire place à l'homme

nouveau. Etre morts à la vie d'autrefois, vivre aujourd'hui de la vie du Christ lui-mêm-e, implique le devoir de renoncer aux œuvres d'autrefois. La résurrection de l'âme est accomplie, mais le corps n'est pas encore renouvelé ; à raison de ses tendances, il pourrait nous solliciter encore à des œuvres maudites : le chrétien maintiendra dans la mort ces tendances perfides.

Il serait assez naturel de suspendre la phrase après les premiers mots du v. 5 : Mortificate ergo membra vestra quae sunt super terram : Vous êtes au ciel virtuellement et par le meilleur de vous-mêmes ; maintenez dans la mort la portion de vous qui demeure sur terre et qui pourrait s-e porter encore aux œuvres d'une vie à laquelle vous n'appartenez plus. L'énumération qui vient ensuite dans le v. 5 serait alors grammaticalement rapportée au deponite et vos omnia (v. 8) ; et la pensée de l'Apôtre serait plus claire, les œuvres mauvaises n'étant pas nos membres, mais les excès auxquels nos membres ne sauraient plus se prêter aujourd'hui, fornication, luxure, impureté, convoitise, avidité, amour de l'argent, tout ce qui est le service des idoles, tout ce qui provoque la colère de Dieu (in filios increduUtatis a été ajouté d'après Eph., V, 6).

Ces œuvres qui sont familières aux païens ont été les vôtres autrefois, lorsque vous étiez de la vie païenne et adamique (8). Mais aujourd'hui, pour être fidèles à la vie du Christ, renoncez à tout cela, colère, hauteur, haine ; gardez vos lèvres de la détraction, des paroles grossières et du mensonge. Vous avez en effet dépouillé le vieil homme, l'homme adamique et charnel avec ses œuvres perverses, et vous avez revêtu l'homme nouveau, le second Adam (II Cor., IV, 16), le vrai, celui qui restitue en lui l'œuvre de Dieu. Car à l'origine le Seigneur a dit : « Faisons l'homme (Adam) à notre image et ressemblance » ; mais ce n'a été qu'une ébauche : car cette pensée première du Seigneur a été déconcertée par le péché ; le premier Adam, déçu par la promesse de la science du bien et du mal, a été entraîné, au

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