RENOUVELLEMENT COMPLET
mal, à peine sorti des mains de Dieu ; et toute la famille humaine s'est morcelée, divisée, déchirée. Alors Dieu a repris son œuvre : à ce premier Adam, chef de la nature humaine déchue, il a substitué le second, qu'il forme de jour en jour à l'image de son Créateur, et qu'il guide par la foi à la vraie connaissance de Dieu (Eph., IV, 13). Et au lieu que la postérité de l'Adam ancien est divisée et déchirée contre ellemême, le péché et l'égoïsme ne pouvant créer que la division ; cet Adam nouveau et réparateur de l'harmonie première ramène tout à l'unité parfaite d'un seul principe vivant, d'une même plénitude.
Toutes les distinctions provenant d'une cause humaine, toutes les variétés mêmes introduites par des éléments d'histoire et de nature s'effacent, comme il a été dit autrefois (Gai., III, 27, 28), dans une élévation commune et une même noblesse divine : II y avait des divisions en Adam (Eph., II, 11-18), des castes fermées, des cloisonnements jaloux ; mais dans le Christ, notre chef, tout s'efface ; partout même vie, même noblesse, même dignité ; un niveau divin a passé sur l'humanité baptisée : dans le Christ il n'y a plus des Grecs et des Juifs, des circoncis et des incirçoncis, des barbares et des Scythes ou sauvages, des esclaves et des hommes libres, il n'y a plus en tous et en chacun que le seul Christ groupant toute la famille humaine dans la glorieuse unité de sa vie. Il est trop facile de reconnaître, ici encore, cette pensée maîtresse qui domine toute la doctrine théorique et pratique de l'Apôtre.
Mais le mystère du Christ ne consiste pas seulement dans la substitution historique d'un Adam à un autre, dans l'effacement au cœur de l'homme et de l'humanité de tout ce qui vient du péché ou y incline : il est aussi dans la refonte et dans la réédition de l'humanité, régénérée en Jésus-Christ, et douée en lui de dispositions intérieures nouvelles (12-17).