SOUHAITS ET PRIÈRES
la précision et tout le contenu qu'elles obtiendront dans la suite, é-JtcffxoTuot. et TtpsffêuTépo» sont convertibles et se prennent l'un pour l'autre : A Mileto Paulus mittens Ephesum, vocavit majores natu (^itpeo-êuTépoyç^ Ecclesiae... — In quo vos Spiriius sanctus posait episcopos regere Ecclesiam Dei, quam acquisivit sanguino suo (Act., XX, 17 et 28). Ce passage est décisif en faveur de la synonymie des deux appellations. On peut lire aussi, mais dans le texte grec, en la première épître de saint Pierre le chapitre V, v. 1, 2, 3, 4, où il parle aux TcpeffêuTÉpot, et leur recommande d'exercer avec zèle leur office d'IiricrxÔTcoi. Au chapitre III de la Première à Timothée, là où saint Paul énumère les vertus qu'il veut frouver dans l'évêque et le diacre, il ne fait nulle mention des prêtres ; mais au chap. V, 17, 19, il donne aux chefs de l'Eglise le titre de Tcpeo-êuTépoi. La même remarque s'applique à l'épître à Tite, I, 5, 6, 7.
Nous savons ceux qui écrivent, ceux à qui ils écrivent ; plusieurs fois déjà nous avons expliqué le souhait ordinaire de l'Apôtre, il n'est nul besoin de le redire, non plus que de noter l'indécision grammaticale reconnue dans l'épître à Philémon : les dons surnaturels venant soit de Dieu notre Père, et de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; soit de Dieu le Père de nous, et le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La Vulgate, ici encore, a pris nettement parti pour le premier sens.
Après l'adresse et le souhait, vient la doxologie familière à l'Apôtre au commencement de toutes ses lettres, composée d'action de grâces (3-8), et de prière (9-11). Ce devoir rempli, l'Apôtre aura le loisir de donner aux Philippiens quelques détails sur ses travaux et sa personne.
Toutes les fois que je me souviens de vous et que ma pensée se porte vers vous, je rends grâces à Dieu, et à toute heure lui adresse ma prière avec joie, avec la sainte assurance d'être exaucé de lui ; car je me souviens de l'affection persévérante qui vous a portés à me venir en aide dans l'œuvre de l'Evangile, depuis la première heure de votre converision jusqu'aujourd'hui. Aider l'Apôtre, c'est coopérer à l'apostolat. Et sous la plume de l'Apôtre l'action de grâces à Dieu, la
reconnaissance pour les Philippiens, la prière pour ses coopérateurs, tous ces sentiments se pressent et souvent se confondent même dans leur expression. Cette prière est confiante, elle a pour but d'obtenir du Seigneur la fidélité et la persévérance des Philippiens : Celui qui a commencé en eux l'œuvre surnaturelle, et gratuitement les a appelés à la foi, achèvera heureusement ce qu'il a miséricordieusement commencé ; jusqu'au jour du Christ, c'est-à-dire jusqu'au jour où le Seigneur ise montrera ; sans qu'on puisse, d'une telle expression, conclure que l'Apôtre attende comme prochaine la réapparition du Seigneur, L'assurance de l'Apôtre est justifiée par les gages qu'ils ont donnés à Dieu : saint Paul, en effet, porte écrit dans son cœur et son souvenir, que tous les Philippiens lui sont unis dans sa captivité qu'ils soulagent, dans le travail qu'il apporte à étendre et à défendre l'Evangile. En toute cette œuvre apostolique, tous les Philippiens sont ses compagnons et les coopérateurs assidus de sa mission : la Vulgate a traduit yapâç, là oii il y a yàpcToç, gaudii, au lieu de gratiae. Dire aux Philippiens qu'il prie sans cesse pour eux, ce n'est, chez saint Paul, ni une formule, ni une aimable exagération : Dieu lui est témoin du vif désir qui le porte vers toute la communauté, dans la charité du Christ.
On le voit, l'Apôtre efface déjà dans l'amour qu'il porte à tous les Philippiens les rivalités de personnes et menus différends qu'ils ont entre eux. Sa prière tend au même but : il demande à Dieu que leur charité fraternelle aille toujours croissant, ruine en eux tout égoïsme, et les consomme dans l'union avec le Seigneur. C'est par là que nous viennent tous les dons surnaturels de rintelligence et de la pratique, la science des choses de Dieu (éicLyvcoo-si ) et le sens surnaturel ( ai<yQT^<rei, ) qui nous guide dans l'action. En effet, la plénitude de la charité crée en nous la richesse de la doctrine et la perfection exquise du sens pratique. La conscience nous suffit pour discerner le bien du mal ; mais le don de conseil nous fait reconnaître, dans l'exercice du bien, des nuances plus délicates, il nous aide à éliminer tout alliage d'éléments in-