‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 466 sur 663 · EXHORTATION · texte numérisé non relu

EXHORTATION

27 Tantum digne Evangelio Christi conversamini : ut sive cum venero, et videro vos, sive absens audiam de vobis quia statis in uno spiritu unanimes, collaborantes fidei Evangelii : 28 et in nullo terreamini ab adversariis : quae illis est causa perditionis, vobis autem salutis et hoc a Deo : 29 quia vobis donatum est pro Chrîsto, non solum ut in eum credatis, sed ut etiam pro illo patiamini : so idem certamen habentes, quale et vidistis in me, et nunc audisfis de me.

Nous avons dit un mot déjà de l'état de la communauté philippienne, troublée par des divisions menues et des contestations d'ordre privé. L'affectation singulière qu'a mise

jusqu'ici l'Apôtre à grouper ensemble tous les Philippiens, ce qu'il a dit de lui-même et de son attachement au Seigneur peuvent être regardés déjà comme une préparation lointaine à la leçon d'abnégation qui va suivre. Elle s'enveloppe d'abord de formules toutes générales : « Que votre vie soit digne de l'Evangile que vous avez reçu de moi. Je ne sais encore de quel côté se dirigeront mes pas dès que la liberté me sera rendue ; mais soit que je retourne vers vous et vous revoie, soit que je n'apprenne'* rien de vous que par lettre ou information, donnez-moi, dans l'un ou l'autre cas, la joie de vous voir persévérer dans un même esprit et travailler ensemble dans un même effort pour étendre la foi de l'Evangile. Votre fidélité, votre charité sont un réel apostolat ». « Voyez comme ils s'aiment », disaient les païens. L'effacement de l'égoïsme, principe de toutes les divisions, n'est obtenu que par l'action supérieure de la charité : in hoc cognoscenf omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem. Rien n'était plus efficace pour éliminer tous différends, toutes contestations que d'en appeler ainsi aux prescriptions fondamentales de la vie chrétienne. Lorsque vous êtes ainsi réunis et groupés dans un faisceau de charité, l'adversaire ne peut rien contre vous, il ne saurait vous nuire, il n'a d'action et d'avantage que contre un corps divisé et désuni. Les méchants le savent bien, et fomentent la division parmi le peuple qu'ails veulent vaincre ou détruire. La besogne de l'ennemi se fait d'elle-même lorsque nous nous divisons entre nous. A mesure que la vie chrétienne se répandait, son antagonisme contre l'idolâtrie et la corruption païenne s'accusait davantage et soulevait contre elle la haine commune. Juifs, païens et, dans une mesure, judaïsants euxmêmes se réunissaient pour l'accabler : « N'en ayez nul souci,, disait l'Apôtre, et ne vous laissez pas déconcerter par les menaces qui vous viennent de l'ennemi. Dieu le permet ainsi pour le châtiment du persécuteur, pour l'accroissement de votre foi ; c'est une disposition divine qui vous a donné non seulement de croire en lui, mais de souffrir pour lui,, de com-

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munier à sa vie de douleur, et de partager les travaux, les combats et les épreuves de l'Apôtre ». Il convient que tous ceux qui appartiennent au Seigneur boivent au même calice et portent sa croix. Les souffrances qu'ils ont à endurer ne seront pas pour les Philippiens un sujet d'étonnement ou de scandale : elles viennent de la main de Dieu, elles sont l'indice de leur union au Seigneur, elles affermissent leur foi, elles les établissent dans une glorieuse communion avec l'Apôtre ; elles leur font une loi de se tenir plus unis dans la charité fraternelle, afin de résister victorieusement à la haine du monde et à l'effort de la persécution.

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