INVITATION A LA CHARITÉ
1,5/ qua ergo consolatio in Christo, si quod solatium charitatis, si qua societas spiritus, si qua viscera miserationis: 2 impiété gaudium meum ut idem sapiatis, eandem charitatem habentes, unanimes, idipsum sentientes, s nihil per contentionem, neque per inanem gloriam : sed in humilitate superiores sibi invicem arbitrantes, 4 non quae sua sunt singuli considérantes, sed ea, quae aliorum. ^ Hoc enim sentite in vobis, quod et in Christo Jesu : 6 qui cum in forma Dei esset, non rapinam arbitratus est esse se aequalem Deo : ^ sed semetipsum exinanivit formam servi accipiens,in similitudinem hominum factus, et habita inventas ut homo. s Humiliavit semetipsum factus obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. ^ Propter quod et Deus exaltavit illum, et donavit illi nomen, quod est super omne nomen : lo ut in nomine Jesu omne genu flectatur, caelestium, terrestrium et infernorum, 11 ef omnis lingua confiteatur quia Dominas Jésus Christus in gloria est Dei Patris.
On le voit, la pensée de l'Apôtre ne se détourne pas un instant de son dessein : maintenir à Philippes la charité parfaite et l'union de toutes tes âmes entre elles et dans le Seigneur. Sachant bien l'affection que lui garde la communauté, il donnera à son exhortation le caractère et l'accent d'une prière personnelle. Saint Paul est un réaliste. Pour lui les choses invisibles sont des réalités : elles lui sont palpables, intenses, éternelles. C'est le visible qui n'existe pas, ou à peine. Le mystère du Christ qui remplit sa pensée n'est pas pour lui un système. L'union au Seigneur n'est pas une métaphore, une figure de diction. Tout ce que Dieu fait dans l'ordre surnaturel en particulier est sérieux, profond, sincère,
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réel. Or, à cet effort de Dieu qui ne fait que des œuvres sincères, doit répondre dans une âme convaincue un effort de loyauté absolue pour accueillir sans amoindrissement ces réalités divines. Le péril des incroyants est dans leur négation ; le péril des croyants est dans l'inattention, dans les diminutions intellectuelles qu'ils infligent à la vérité, dans les amoindrissements qu'ils font subir à la pensée religieuse. Nous sommes petits, et nous rapetissons Dieu. Nous le faisons à notre image. Ce que Dieu fait nous semble hors de mesure, trop beau, trop grand. A quoi ne serions-nous pas tenus si tout cela était vrai, vrai au pied de la lettre ? Et doucement, sans bruit, sans dessein résolu ni fermement arrêté, par une sorte de timidité intellectuelle et de déloyauté secrète, les meilleurs eux-mêmes en viennent à humilier la vérité de Dieu et à énerver la foi. Eh ! la foi, se disent-ils, c'est une manière de concevoir les choses, un système, une organisation conceptuelle du sentiment religieux. On nous parle de la présence réelle, de la Très Sainte Trinité. Mais est-ce que vraiment les théologiens en savent plus que nous sur tout cela ? On nous parle de l'Incarnation, du mystère du Christ, de la vie réelle du Seigneur en nous ; mais ces choses ne se voient pas, et elles seraient terribles dans leur sens absolu et total. Il n'y faut songer que modérément, avec une sage et discrète mesure.. « Au contraire, nous dit l'Apôtre, il faut y penser résolument et toujours. N'est-il pas vrai que l'Evangile n'est pas une allégorie, ni la vie surnaturelle une conception de l'esprit ? Vous êtes dans le Christ : n'y a-t-il pas là une exhortation au bien ( 'n;apccxl-/i<rt.ç ) et une mise en demeure toute-puissante ? Vous êtes unis par la charité : n'est-ce pas une force de persuasion ? Est-ce une vraie fraternité (xoivwvta) que celle créée en nos cœurs par l'Esprit ? Est-ce une réalité que la fibre d'affection tendre et de compassion qu'il a formée en chacun de nous » ? Alors, dit l'Apôtre, en supposant la réponse faite à toutes ces questions, donnez-moi une joie complète. Les divisions à Philippes n'ont aucunement le caractère des schismes de