‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 482 sur 663 · AUTHENTICITÉ INCONTESTABLE · texte numérisé non relu

AUTHENTICITÉ INCONTESTABLE

suppression s'explique d'elle-même. Une longue durée de relations avait supprimé la nécessité d'une présentation nouvelle ; et en face d'une Eglise ancienne, non fondée par lui, régulièrement gouvernée, ayant ses chefs et sa hiérarchie, l'Apôtre a jugé plus discret d'élaguer les formes de l'autorité personnelle. Remarquez encore, à ce point de vue, le verset 22 du chapitre XIII. Ce n'est pas saint Paul qui tient la plume, c'est un traité qu'il écrit ou mieux qu'il inspire ; il n'a donc pas à se présenter aux Romains ; il vient de les quitter il y a quelques jours, la communauté attend cette lettre^ qui a été concertée avec les chefs de l'Eglise ; quel est le besoin d'une salutation ? Les motifs qui la déterminent ailleurs manquent ici. Après tout il n'existe pas de code épistolairequi oblige en tout temps, à toute heure et en toute circonstance d'user du même procédé, et de n'avoir qu'un seul ton. Ce qui est beaucoup plus intéressant, c'est de noter le raisonnement de Calvin en son Institution cJirétienne. Il parle de l'épître aux Hébreux : Ego vero eam inter Apostolicas sine controversia. amplector, nec dubito, Satanae artificio fuisse quondam factum, ut illi auctoritatem quidam detrahereni. Quis' porro eam composuerit, non magnopere curandum est : ,putarunt alii Paulum esse, alii Lucam, alii Barnabam, alii Clément em. Scio Chrysostomi tempore passim inter Paulinas fuisse a Graecis receptam : sed Latini aliter senserunt, maxime qui propiores fuérunt Apostolorum temporibus. Ego uî Paulum agnoscam auctorem adduci nequeo. Nam qui dicunf nomen fuisse de industria suppressum, quod odiosum esset Judaeis, nihil afferunt: Cur enim mentionem fecisset Timothei, si ita esset ? Hoc enim indicio se prodebat. C'est chose étonnante qu'on ne puisse refuser à l'Apôtre l'épître aux Hébreux, sans la lui accorder en même temps. Ainsi donc, selon Calvin^. l'Apôtre saint Paul se trahit lui-même comme l'auteur responsable de la lettre quand il mentionne Timothée comme lui étant intime et familier. Cette lettre, qui n'est pas de saint Paul, est donc quand même de saint Paul, puisque Timothée,., l'indice irrécusable, y est présent ! (Hebr., XIII, 23).

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Pourquoi ne pas citer encore la censure de la Sorbonne contre l'opinion d'Erasme : Mira autem arrogantia et pertinacia est hujus scriptoris, quod ubi tôt catholici doctores, pontifices, concilia déclarant hanc Epistolam esse Pauli, et idem universalis Ecclesiae usas ac consensus comprobat, hic scriptor adhuc dubitat toto orbe pradentior. (CoWectio Judiciorum, II, p. 59 et 60).

De tout ce que nous venons de dire sur les circonstances de l'épître aux Hébreux, on peut pressentir déjà qu'elle sera un parallèle constant, institué entre la dispensation mosaïque, c'est-à-dire l'Ancien Testament, et l'économie chrétienne, c'est-à-dire le Nouveau Testament, à dessein de repousser l'offensive du mosaïsme extérieur.

La division de l'épître sera celle-ci : les sept premiers chapitres consacrés à montrer la supériorité du Seigneur, comme organe de la loi nouvelle, sur les organes de la loi ancienne, les Anges, Moïse, Josué, Aaron ; puis, à partir du chapitre VIII jusqu'au chapitre X, 19, la supériorité sur l'ancienne alliance de cette alliance nouvelle, mise en possession d'un plus haut sanctuaire et d'un meilleur sacrifice ; enfin, la troisième et dernière partie consacrée à rappeler le devoir pratique qui s'impose aux chrétiens dans le court intervalle qui s'écoule entre leur vocation et leur entrée dans la consommation finale. Mais peut-être, proposées d'avance, ces divisions, alors même qu'elles sont justifiées, sembleront-elles imposées et arbitraires : dès lors, mieux vaut les retrouver à mesure dans la vérité vivante du texte. D'autant plus que l'Apôtre nous a donné dans les trois premiers versets du chapitre I, où il nous entraîne in médias res, le thème de l'épître entière. Bien compris, ces premiers versets contiennent en germe toute l'épître : ils indiquent le caractère préparatoire et précaire, figuratif et temporel de l'économie d'autrefois, mis en face du privilège éternel et définitif de l'économie chrétienne.

Nous avons eu souvent l'occasion de remarquer à quel

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