‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 486 sur 663 · CHAPITRE I (suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE I (suite

supériorité du christ sur les anges

L'union avec Dieu est donc, en principe, restituée. L'Apôtre n'a pas voulu s'en tenir à cette considération décisive, mais toute générale encore, que la perfection absolue de l'économie chrétienne lui vient de l'union parfaite qu'elle établit entre Dieu et nous. Il veut maintenant entrer dans le détail, et, afin de faire ressortir l'éminence absolue du christianisme, incliner devant le seul Verbe incarné tout ce que l'ancienne économie comptait de plus glorieux : les Anges qui ont promulgué la loi ; Moïse qui en a été le médiateur ; Josué qui a conquis la terre promise, enfin et surtout Aaron, avec son sacerdoce, son sanctuaire, son sacrifice, l'alliance instituée par lui.

^Tanto melior Angelis effectus, quanto differentius prae illis nomen kereditavit

On pourrait se demander à quel titre les Anges sont ici introduits ex abrupto, pour fournir un élément de comparaison avec le Christ. Mais la réponse est toute simple. L'ancienne alliance avait été conclue par le ministère des Anges : Si enim qui per Angelos dictas est sermo... (Hebr., II, 2). Elle avait été donnée au médiateur ancien, c'est-à-dire à Moïse,

par la main des Anges : Ordinata per Angelos in manu mediatoris. (Gai., III, 19). C'est la dernière affirmation de saint Etienne dans son discours : Qui accepistis legem in dispositione Angelomm, et non custodistis. (Act.,VII, 53). L'Ange de Dieu qui guidait le peuple au nom de Dieu parlait à Moïse, le médiateur de la loi ancienne, et tenait auprès de lui le rôle d'ambassadeur du Fils de Dieu. Car, si la tradition antique a établi que les manifestations et théophanies de l'Ancien Testament étaient de vrais préludes de l'Incarnation, oti le Verbe de Dieu se préparait à son rôle futur ; elle reconnaît en même temps que ce n'était pas en personne qu'apparaissait le Fils de Dieu, mais dans la personne d'un Ange député par lui, le représentant, parlant en son nom, ayant mission formelle de paraître pour lui.

Les deux premiers chapitres de la lettre aux Hébreux ont, désormais, pour dessein de montrer la supériorité du Seigneur sur les Anges, organes de promulgation de l'Ancien Testament. Trois pensées remplissent ces deux chapitres :

a) l'éminente supériorité du Christ sur les Anges, I, 4-14 ;

b) la fidélité pratique que nous devons à une économie surnaturelle très supérieure à l'ancienne, II, 1-5 ; c) l'humilité du Seigneur en sa nature et en ses souffrances n'est pour lui qu'une gloire de plus, la rançon de son universelle royauté: car le monde nouveau inauguré par lui, est soumis non aux Anges, mais au Christ, II, 5-18.

C'est à l'Ancien Testament et surtout aux Psaumes que seront empruntés les témoignages en faveur de la grandeur éminente du Christ, auteur de la loi nouvelle. De tels témoignages sont irrécusables, non pas seulement parce qu'ils viennent de Dieu, mais encore parce que nous voyons la loi ancienne déposer en faveur du christianisme et prédire l'incomparable éminence de son auteur.

Le Christ, en qui nous parle Dieu, est d'autant supérieur aux Anges qu'il a obtenu un nom plus distingué que le leur. Ce nom n'est pas seulement son nom de « Fils », encore qu'il soit la racine et la raison première de toute la grandeur de

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