LE CHRIST VRAI MÉDIATEUR
9 Eum autem, qui modico quam Angeli minoratus est, videmus Jesum propter passionem mortis, gloria et honore coronatum : ut gratia Dei, pro omnibus gustaret mortem. ^0 Dicebat enim eum, propter quem omnia, et per quem omnia, qui multos filios in gloriam adduxerat, auctorem salutiseorum per passionem consummare. n Qui enim sanctificat, et:
qui sanctificantur, ex uno omnes. Propter quam causam non confundiiur fratres eos vocare, dicens : 12 Nuntiabo nomen tuum fratribus meis : in medio Ecclesiae laudabo te. i3 Et iterum : Ego ero fidens in eum. Et iterum : Ecce ego, et pueri mei, quos dédit mihi Deus.
Mais enfin les prémices de ce triomphe et de cette royauté nous ont été montrées déjà : de l'empire souverain du Seigneur, de la soumission de tous les êtres à son pouvoir, de la défaite définitive de tous ses ennemis, nous avons dès aujourd'hui des gages assurés. En effet, dès maintenant notre foi nous montre couronné de gloire et d'honneur, après avoir franchi la Passion, ce Jésus qui n'a été inférieur aux Anges dans sa nature humaine qu'afin de pouvoir goûter la mort, dans un dessein de grâce et de bonté que le Père avait formé pour nous.
La phrase est dense, un peu embarrassée : la construction corrigée que nous lui donnons, avec une incise parenthétique, écarte toute difficulté. Lisons ainsi le verset 9 : Eum autem qui modico quam Angeli minoratus est (ut gratia Dei pro omnibus gustaret mortem) videmus fesum propter passionem mortis gloria et honore coronatum.
C'est tout le motif de l'Incarnation : au moyen de la nature qu'il s'est unie, le Verbe de Dieu ne s'est placé audessous des Anges, au palier humain, que pour être médiateur et pour souffrir ; mais en échange, nous le voyons aujourd'hui couronné de gloire et d'honneur, régnant dès maintenant auprès de Dieu ; et si toutes choses ne lui sont pas soumises encore, c'est que le temps n'est qu'un loisir ménagé pour lui soumettre tous ses ennemis : Sede a dextris meis, donec ponam... (Ps. CIX). Il est vrai, il est allé jusqu'à la mort : mais il y a goûté seulement, comme au breuvage de la Croix ; et ce, par la volonté de Dieu, pour l'accomplissement de sa miséricorde, dans l'intérêt de chacun de nous. En vérité, un chrétien aurait mauvaise grâce à s'étonner d'une liumiliation divine dont il a tant profité, d'une mort qui lui