‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 499 sur 663 · LA NATURE HUMAINE DANS LE CHRIST · texte numérisé non relu

LA NATURE HUMAINE DANS LE CHRIST

et ipse similiter participavit eisdem : ut per mortem desfrueret eam, qui habebat mortis imper'mm, id est, diabolum : is et liberaret^^eos, qui timoré mortis per totam vitam obnixii erant servituti. ^^ Nusquam enim Angelos apprehendit, sed semen Abrahae apprehendit. i7 Unde debuit per omnia fratribus similari, ut misericors fier et, et jidelis pontifex ad Deum, ui repropitiaret delicta populi. ^^ In eo enim, in quo passas est ipse et tentatus, potens est et eis, qui tentantur, auxiliari.

Voici l'application de ce dernier texte dont l'Apôtre re-cueille les expressions. Puisque ces enfants, avec qui le Verbe comme médiateur ne fait qu'un, ont été formés de chair et de sang, qu'ils ont communié à une nature mortelle, sujette à la souffrance et à la mort, il a dû, lui aussi, à raison de son unité réelle avec les hommes, communier à leur nature mortelle et passible. Et cela, c'est sa grandeur même, dit l'Apôtre. Grouper en lui toute la nature humaine, la réconcilier toute à Dieu, offrir à Dieu le sacrifice éternel où elle est enveloppée, porter toute cette humanité dans le sein de Dieu et la faire entrer dans les rangs élargis de la Trinité, cela est plus grand que toutes les grandeurs angéliques ensemble. C'est l'office de médiateur.

Pour marquer cette intimité, le texte grec dit : TtapaTrXr,o-îw; (Hebr., II, 14) ; ailleurs l'Apôtre disait, Iv ôijio!,w{jLaTi (Tapxo;, (Rom., VIII, 3), ou dv^^pwTûcov , (Phil., II, 7), mais il veut ici marquer plus encore la perfection de la ressemblance, de l'unité, de la fraternité. Le 7:apauAT,cr{wç implique une ressemblance parfaite, et, chez le Seigneur, un dessein de calquer les conditions de sa vie sur les conditions de notre vie : en effet, une exception l'eût fait distant ; un privilège, à part le péché et les infirmités qui étaient incompatibles avec sa dignité divine, eût témoigné d'un éloignement, d'une fraternité amoindrie, d'une répugnance à la condition humaine; peut-être aurait-elle fourni un argument au docétisme, et: à la doctrine des apparences. Le Seigneur ne l'a pas voulu.. Il est allé jusqu'au bout ( TEXeiwa-iç ) de cette bénie frater—

nité. Il a voulu être conçu dans le sein de la Vierge, naître, être enfant, être soumis à la faim, à la soif, à la fatigue, à la tentation, à la souffrance, à la mort. Vient ensuite le reste de sa médiation, résurrection et ascension, où il échappe aux conditions de l'infirmité humaine, et ce, non pas seulement pour lui, mais pour nous, à dater de la Pentecôte et de l'Eglise, et des Sacrements.

Mais tout d'abord il a voulu prendre sur lui toute la réalité de notre nature, et se greffer sur cette humanité dont il se proposait d'être le nouvel Adam. Il est aussi réellement homme qu'il est réellement Dieu. Et voici le bénéfice de cette fraternité. En prenant sur lui une nature humaine sujette à l'infirmité, à la souffrance et à la mort, le Verbe de Dieu Tachetait cette humanité dont il consentait à faire partie. Cela est expliqué par l'Apôtre en deux mots : la défaite du diable, du fort armé, de celui qui avait été victorieux à l'origine, et la délivrance de ceux qu'il tenait captifs. Tout cela nous est familier comme pensée, mais il y a, ce me semble, un intérêt extrême à y regarder de plus près.

C'était avec le péché et par la malice du diable que la mort était entrée dans le monde. Pour l'homme, qui avait été privilégié de Dieu, au lieu d'être, comme pour tous les autres êtres organisés, le terme naturel de leur vie empruntée et précaire, la mort était un châtiment. Elle régnait depuis Adam jusqu'à Moïse et au delà sur ceux-là mêmes qui n'avaient pas commis de faute personnelle à l'imitation d'Adam. Les sentences quotidiennes qu'elle rendait dans sa justice universelle et implacable, rappelaient sans cesse à l'humanité la faute première, la déchéance, l'empire du diable, l'hostilité de Dieu. L'humanité en avait conscience : Morte moriemur, quoniam vidimus Dominum (Jud., XIII, 22). Toute l'humanité étant séparée de Dieu par une faute première, dont la mort était la conséquence et la sanction quotidienne, elle se sentait captive du diable devenu son geôlier. Mort et péché formaient un couple : la mort était le ;salaire du péché, selon l'expression de l'Apôtre : stipendia

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