‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 505 sur 663 · LE CHRIST EN NOUS · texte numérisé non relu

LE CHRIST EN NOUS

Le Christ est fidèle dans toute la maison de Dieu, mais comme Fils, et par conséquent, non seulement dans sa maison comme traduit la Vulgate, in domo sua, mais sur sa maison qu'il gouverne, in domum suam, èit'. -cov oho^/ aù-roO . Et cette maison du Christ, c'est nous : c'est en effet chez nous que le Seigneur habite, non plus chez les Juifs ; c'est nous qui sommes le royaume de Dieu, la demeure de Dieu, et ce, définitivement, jusqu'à l'éternité et au delà. La Jérusalem nouvelle est ainsi décrite : Ecce tabernaculum Dei cum hùminibus, et habitabit cum eis ; et ipsi populus ejus erunt, et ipse Deus cum eis erit eorum Deus (Apoc, XXI, 3). Lorsque nous nous bâtissons une maison, c'est pour notre vie intime, afin de nous trouver en famille dans notre foyer, sans que personne de l'étranger s'en vienne déconcerter le charme de notre intimité. Et c'est ainsi que nous sommes la maison de Dieu, le temple de D'ieu, comme il est dit aux Ephésiens : in quo omnis aedificatio constructa crescit in templum sanctum in Domino, in quo et vos coaedificamini in habitaculum Dei in Spiritu (Eph., Il, 21, 22) ; nous le sommes définitivement et pour l'éternité, à la condition toutefois qu'au lieu de revenir en arrière par l'apostasie, nous gardions jusqu'à la fin la' liberté et la fierté de notre espérance, les privilèges éternels du chrétien n'étant assurés qu'à ceux qui demeurent chrétiens. On remarquera la place considérable qu'occupe l'espérance dans l'épître aux Hébreux. La foi est le principe de la vie, l'espérance l'activité assurée et joyeuse de la vie.

L'Apôtre n'a pas cru devoir poursuivre davantage le parallèle institué entre le Seigneur et Moïse. Mais le nom de Moïse a naturellement éveillé en lui le souvenir des multiples infidélités du peuple en marche vers la terre promise, et de leur châtiment. Lès tentations d'autrefois ressemblaient tellement à celles d'aujourd'hui. Et, comme tout à l'heure (11,1-5), voici que la pensée de l'Apôtre glisse de nouveau à l'exhortation morale et à la mise en garde ; mais, cette fois, sous une forme beaucoup plus solennelle et plus étendue : depuis III, 7, jusqu'à IV, 14, l'Apôtre ne cessera de conjurer chez les

Juifs ce même péril d'incrédulité auquel succombèrent leurs ancêtres, et de leur rappeler que la bénédiction est promise à ceux-là seuls qui demeurent attachés au Christ par la foi. La transition a été amenée naturellement par le verset 6.

7 Quapropter sicut dicit Spiritus sanctus : Hodie si vocem ejus audieritis, s noUte obdurare corda vestra, sicut in exacerbât io ne secundum diem tentationis in deserto, 9 ubi ' tentaverunt me patres vestri : probaverunt, et viderunt opéra mea lo quadraginta annis : Propter quod infensus fui generationi huic, et dixi : Semper errant corde. Ipsi autem non cognoverunt vias meas, n sicut juravi in ira mect, : Si introibunt in requiem meam. 12 Videte fratres, ne forte sit in aliquo vestrum cor malum incredulitatis, discedendi a Deo vivo : 13 sed adhortamini vosmetipsos per singulos dies, donec Hodie cognomincttur, ut non obduretur quis ex vobis fallacia peccati.

Aussi, comme le dit l'Esprit de Dieu dans le Psaume XCIV, comme l'Apôtre le redit au nom de Dieu, usez de la grâce présente. Alors même qu'elle entend la voix de Dieu, l'âme n'est pas toujours attentive ; elle n'écoute pas, ni ne se sent toujours prête. Elle recule, remet au lendemain, elle attend une occasion plus favorable, elle se dérobe au devoir d'aujourd'hui : et c'est au milieu des indélicatesses et des retards indéfinis que la vie s'écoule. Cet Hodie, 27Îp.£pov, du Psaume et de l'Apôtre, rappelle les Juifs à la vigilance empressée et sans retard. Peut-être le Psaume était-il affecté à un jour de fête, où ce même Hodie avait un caractère plus pressant, plus actuel. Pour nous, c'est tous les jours que nous l'entendons : divina quotidie damans quid nos admoneat vox dicens : Hodie, si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra. (Régula S. Benedicti, Prol.)

Encore faut-il remarquer que éàv n'a pas seulement la signification du conditionnel, mais surtout le sens de l'optatif, comme en d'autres exemples : 5/ occideris, Deus, pecca-

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