SACERDOCE NOUVEAU
courbant devant le sacerdoce éternel le représentant premier et le plus illustre de l'économie réduite, Dieu a par là-même incliné devant lui, et la tribu sacerdotale tout entière, et toute la constitution religieuse dont elle fait partie. En remarquant que illud in Abraham decimabatur quod curatione indigebat, et aussi que le Christ n'était pas en Abraham siciit curatione indigens, mais sicut curationem afferens, saint Thomas écarte du Christ lui-même, quoique fils d'Abraham, la chance de s'être lui aussi incliné devant Melchisédech (S. Th., 2" 2^^, qu. 87 ; 3% qu. 31, a. 8).
De cette comparaison, encore indirecte, puisqu'elle est réduite à Lévi et à Melchisédech, découle cette conclusion que si le mosaïsme, si le sacerdoce qui en est le centre, s'est incliné devant la figure, de combien sera-t-il inférieur à la réalité ? Ayons toujours présente à l'esprit cette pensée que toute économie religieuse a pour dessein de nous unir à Dieu, que les diverses économies religieuses sont entre elles comme la perfection qu'elles procurent de l'union à Dieu, que la pierre angulaire de l'économie est le sacerdoce, enfin que c'est au pontife à procurer cette union à Dieu : Omnis pontifex ex hominibus assumptus pro hominibus constituitur in iis quae sunt ad Deum.
Il s'agit donc maintenant, après ces laborieux préliminaires fournis par Melchisédech, de reconnaître 1 ) que le sacerdoce du Seigneur est autre que celui d'Aaron, 11-17; 2) que le sacerdoce du Seigneur est supérieur à celui d'Aaron, 18-25. On le voit, nous sommes au cœur même de l'épître.
Le sacerdoce du Christ est vraiment un sacerdoce nouveau, éliminant l'ancien, puisqu'il est selon Melchisédech et non pas selon Aaron (11-12), puisque le Seigneur est étranger à la tribu sacerdotale (13-14), puisque le nouveau sacerdoce, au lieu d'être dévolu selon l'hérédité, se maintient dans les seules mains d'un pontife toujours vivant et éternel (15, 16, 17), puisque le nouveau sacerdoce réussit là où l'ancien échouait (18, 19), puisque le nouveau sacerdoce est institué sous la garantie d'un serment de Dieu (20, 21, 22), puisque le
nouveau sacerdoce est un, définitif, inchangeable (23, 24, 25).. Conclusion triomphante (26, 27, 28).