‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 533 sur 663 · SACERDOCE DÉFINITIF · texte numérisé non relu

SACERDOCE DÉFINITIF

pable seulement d'être la préparation lointaine de l'espérance chrétienne qui nous donne maintenant libre accès auprès de Dieu. Mais nous voyons aussi de combien le sacerdoce nouveau qui nous unit à Dieu l'emporte sur l'ancien : le sacerdoce Jévitique se retrouve devant le sacerdoce du Christ en la même situation que l'Apôtre a reconnue autrefois à la loi devant la grâce.

Outre son efficacité, le sacerdoce du Christ jouit encore en l'acte de son investiture divine d'une solennité tout autre que l'ancien. Il possède lui seul la garantie du serment de Dieu, et dès lors est incomparable et hors de pair. Le chapitre que nous venons de lire nous a rappelé la promesse, le serment et le gage de Dieu : le Christ ne peut pas cesser d'être pontife, non plus que Dieu cesser d'être Dieu. Non plus que sa royauté, le sacerdoce du Christ n'aura de fin.

Jamais le sacerdoce aaronique ne s'est présenté avec un tel élément de sécurité et de garantie divine : la consécration du serment divin étant un privilège réservé au seul sacerdoce éternel, primitif, universel, définitif, celui du Seigneur. L'efficacité absolue, l'éternité garantie par le serment de Dieu, c'est plus qu'il n'en faut pour reconnaître l'infinie supériorité du sacerdoce du Christ ; mais ce qui le met encore hors de pair, c'est son absolue unité, et sa concentration absolue entre les mains d'un seul.

Dans les pages que consacre l'Ancien Testament à l'institution sacerdotale (Levit,, VIII), c'est d'Aaron et de ses fils, comme groupés ensemble, qu'il est toujours parlé : il y a succession d'un pontife à un pontife, et transmission héréditaire de l'honneur sacerdotal. Les prêtres de l'ordre lévitique sont sans nombre : je ne parle pas seulement des vingt-quatre familles des prêtres du second rang, descendus d'Eléazar et d'Ithamar ; mais le Grand-Prêtre succède au Grand-Prêtre depuis Aaron jusqu'à Caïphe, jusqu'à Jésus fils de Damnée, et Phanasus. Au rapport de Josèphe, il y a eu 83 Grands- Prêtres depuis Aaron jusqu'à la destruction de Jérusalem. La dévolution du sacerdoce était de droit, puisque le Grand-

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Prêtre était mortel. Mais le prêtre affranchi de la mort possède un sacerdoce indéfectible. Il n'a pas de successeurs, parce qu'il n'en a pas besoin. Il est seul dans l'exercice de son sacerdoce, dans une fonction qu'il remplit sans trêve, sans interruption. Il est prêtre éternel, médiateur éternel, et comme il ne cesse jamais, ni d'être Dieu, ni d'être homme, il ne cesse point de présenter à Dieu ceux qui par lui veulent aller à Dieu. Il vit éternellement, afin, éternellement, d'intercéder et de s'employer pour nous auprès de Dieu. Récapitulons : le sacerdoce du Seigneur est selon Melchisédech ; il est étranger à Aaron, il est éternel, il est efficace, il est garanti par le serment de Dieu, il est unique. C'est, nous l'avons dit, plus qu'il n'en faut pour démontrer son éminente supériorité. Mais c'est encore trop peu pour l'Apôtre ; car, après avoir exalté le sacerdoce lui-même, il demandera dans la suite, à l'œuvre sacerdotale accomplie par le Christ, de nouveaux titres de grandeur.

A l'heure présente, il se laisse aller à un chant de reconnaissance et de triomphe, oti l'on voit s'effacer dans la gloire sacerdotale du Seigneur, comme de pâles reflets devant le soleil, la gloire des prêtres lévitiques (II Cor., IIÎ).

26 Talis enim decebat ut nobis esset pontifex, sanctus, innocens, impollutus, segregatus a peccatoribus, et excelsior caelis factus : ^"^ qui non habet necessltatem quotidie, quemadmodum sacerdotes, prius pro suis delictis hostias offerte, deinde pro populi : hoc enim fecit semel, seipsum offerendo. 28 Lex enim homines constituit sacerdotes infirmitatem habentes : sermo autem jurisjurandi, qui posf legem est, Filium in aeternum perfectum.

Ah ! que voilà bien le prêtre, le médiateur dont nous avions besoin ! Qu'il fût nôtre, c'était nécessaire ; sans cela, sa sympathie nous eût été moins assurée. Mais surtout, combien il nous était avantageux qu'il fût agréé de Dieu, puisque c'est par lui que nous avons la paix et l'accès auprès de Dieu.

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