‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 536 sur 663 · LE CHRIST PRÊTRE DU VRAI SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LE CHRIST PRÊTRE DU VRAI SANCTUAIRE

1 Capitulum autem super ea, qùae, dicuntur : Talem habemus pontificem, qui consedit in dextera sedis magnitudinis in caelis, 2 sanctorum minister, et tabernaculi veri, quod fixit Dominus, et non homo. s Omnis enini pontifex ad offerendum. munera, et hostias constituitur : unde necesse est et hune habere aliquid, quod offerat : 4 si ergo esset super terram, nec esset sacerdos : cum essent qui off errent secundum legem mimera, s qui exemplari, et umbrae deserviunt caelestium. Sicut responsum est Moysi, cum consummaret tabernaculum : Vide (inquit) omnia facito secundum exemplar, quod tibi ostensum est in monte. ^ Nunc autem melius sortitus est ministerium, quanto et melioris testamenti mediator est, quod in melioribus repromissionibus sancitum est.

Evitons avant tout d'entendre les premiers mots du chapitre au sens d'un résumé ou d'un sommaire de ce qui vient d'être dit. Le sens est tout autre : l'essentiel, dit l'Apôtre, l'élément vraiment considérable et capital dans notre doctrine présente, c'est que nous avons, nous, un pontife qui, de droit, comme Prêtre, comme Roi, et comme Dieu, est allé s'asseoir sur le trône de la Majesté même de Dieu. Cette assertion revient fréquemment sur les lèvres de l'Apôtre. Nous n'avons donc pas à regretter la liturgie ancienne. Notre pontife, ■'à. nous, est entré dans le sanctuaire, dans le vrai Saint des Saints, là où on est avec Dieu. Il y est entré définitivement, et il y vit pour nous : semper vivens ad inierpellandum pro nobis (Heb., VII, 25). Il est le prêtre du vrai sanctuaire. En sa qualité de médiateur, il est au ciel tout à la fois avec les droits de Dieu, puisqu'il est assis dans le trône de Dieu ; et aussi comme ministre du sanctuaire, où il remplit pour nous une fonction sacrée. Le vrai tabernacle n'est donc pas celui que le Seigneur (Ex., XXIV, XL) a demandé aux mains de

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Béséléel, mais le sanctuaire céleste, le lieu béni de la réunion de Dieu et de ses élus. Et comme le Seigneur est entré au Saint des Saints, en qualité de pontife, il a offert, lui aussi, la victime qui devait lui donner accès, et présenté la rançon requise pour l'expiation universelle. En effet, ce n'est qu'au prix d'un sacrifice qu'on achète le droit d'entrer en la présence de Dieu. Pour des Juifs à qui était familier le symbolisme des cérémonies du jour de l'Expiation, il n'était pas besoin d'en dire davantage : le sens de ces cérémonies et leur accomplissement dans la personne du Seigneur étaient manifestes à tous les yeux.

Ils devaient comprendre aussi comment et pourquoi le Grand-Prêtre de l'économie nouvelle n'était pas demeuré sur terre, pourquoi son Ascension l'avait dérobé à tous les yeux. Sur terre il n'eût été ni prêtre, ni Grand-Prêtre : soit d e la réalité, puisqu'il eût été absent du vrai sanctuaire, soit même de la figure, puisqu'il n'appartient pas à la tribu sacerdotale : et, la condition de son origine plaidant contre lui, jamais il n'aurait pu prendre rang parmi ceux qui sacrifient selon la loi. Lui demander d'être sur terre, à l'imitation du pontife aaronique, serait donc lui retirer son sacerdoce, son sanctuaire et son titre : ce serait l'inviter à déchoir. Loin donc que d'être invisible soit pour le Christ pontife une infériorité, c'est la condition de son absolue grandeur. Ceux qui regrettent de ne pas voir ici-bas le pontife ni le sanctuaire sont victimes d'une grande illusion : ils ne demandent rien moins au Christ que son abdication, à l'économie chrétienne son abrogation, aux fidèles un retour pénible à des conditions aujourd'hui périmées.

N'en est-il pas assez, demande l'Apôtre, qui sont les prêtres de l'ombre et de la figure ? Tous ces pontifes auxquels on voudrait sur terre inféoder le Christ, leur liturgie n'est qu'un " décalque ; elle n'est pas du ciel ; elle est seulement une reproduction, et comme une projection sur terre, en termes symboliques, de la liturgie céleste. Le Saint des Saints est l'image, mais il n'est que l'image du vrai sanctu-

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