SUPÉRIORITÉ DU NOUVEAU SACERDOCE
aire : il n'est pas le vrai sanctuaire. Depuis longtemps cela est écrit. Les termes mêmes dans lesquels le Seigneur demande à Moïse de créer et de construire le tabernacle (Exod., XXV, 40) : Inspice et fac secundum exemplar quod tibi in monte monstratum est, la recommandation répétée à Salomon (Sap., IX, 8) : Et dixisti me aedificare templum in monte sancto tuo, et in civitate habitationis tuae altare, similifudinem tabernaculi sancti tui quod praeparasti ab initio, tout cela nous montre que le rôle et la fonction de l'ancienne liturgie se bornaient à reproduire sur terre un dessin emprunté ailleurs.
Ceux donc qui aujourd'hui voudraient que le Seigneur sous leurs yeux leur fût un prêtre, à leur insu l'invitent à renoncer à sa grandeur, à lâcher la réalité pour la figure, le ciel pour la terre. En effet, par la vertu du sang versé au Calvaire et devenu la rançon de toute l'humanité, le Seigneur au jour de l'Ascension est entré en possession d'un ministère tout autre, et d'un sanctuaire plus auguste ; il est devenu le médiateur d'une alliance et d'une réconciliation bien plus haute, et basée sur des promesses plus magnifiques.
Le sacerdoce du Seigneur, l'alliance inaugurée par lui,, les promesses impliquées dans cette alliance nouvelle, comme tout cela laisse loin derrière soi les conditions et les dispositions de la loi ancienne ! C'est à dessein que le Seigneur, qui. marche par étapes réglées et successives, a voulu l'imperfection de l'économie mosaïque pour préparer l'établissement de l'économie nouvelle, et en faire valoir la perfection et la. beauté : un pontife plus grand, un sanctuaire plus auguste, une alliance plus haute, des promesses bien plus étendues.
Ces affirmations pouvaient être timidement contestées : « Est-ce donc qu'il manquerait quelque chose à l'institution mosaïque qui est sortie des mains de Dieu? » Oui, sans doute, assure l'Apôtre, il manquait quelque chose à l'économie d'autrefois ; le dire n'est pas critiquer l'œuvre de Dieu : c'est reconnaître le progrès voulu par lui.