‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 538 sur 663 · EXCELLENCE DES CONDITIONS NOUVELLES · texte numérisé non relu

EXCELLENCE DES CONDITIONS NOUVELLES

7 Nam si illad prius culpa vacasset : non utique secundi locus inquireretur. s Vitupérons enim eos dicit : Ecce dies venient, dicit Dominas : et consummabo super domum Israël, et super domum Juda testamentum novurh, 9 non secundum testamentum, quod feci patribus eorum in die, qua apprehendi manum eorum ut educerem illos de Terra Aegypti : quoniam ipsi non permanserunt in testamento meo : et ego neglexi eos, dicit Dominus : lo quia hoc est testamentum, quod disponam domui Israël post dies illos, dicit Dominus : Dando leges meas in mentem eorum, et in corde eorum superscribam eas : et ero eis in Deum, et ipsi erunt mihi in populum : n e? non docebit unusquisque proximum suum, et unusquisque fratrem smim, dicens : Cognosce Dominum : quoniam omnes scient me a minore usque ad majorem eorum.

Il n'y a réellement pas de commune mesure entre les deux économies. Si la première avait été satisfaisante dç tout point, si elle avait procuré l'union parfaite de l'homme et de Dieu, il n'y aurait pas eu de grief contre elle, il n'y aurait pas eu lieu à l'établissement d'une seconde alliance. Dieu ne fait rien en vain. Observer Va.i^t'^.TZ'zo'; du v. 7, et le f^epicpôaevoç du v. 8. Ils se répondent. La preuve qu'il manquait quelque chose à l'alliance ancienne, c'est que, même au cours de cette alliance. Dieu signalait par les lèvres d'un prophète qui était prêtre aussi (Jer., XXXI, 31-35), combien le mosaïsme était en deçà de l'achèvement et de la plénitude de l'alliance nouvelle. Ainsi les livres des mosaïstes rendent témoignage contre eux. Les pages de Jérémie (XXX-XXXIII) méritent l'attention ; mais nous devons nous borner à ce que l'Apôtre leur emprunte, et qui nous donne la charte de la nouvelle alliance. Lorsque viendra, dit-il, l'alliance nouvelle de Dieu^ avec son peuple, elle n'aura plus pour caractère un système de lois extérieures et gravées sur le marbre : Scripta non atramento, sed Spiritu Dei vivi, non in tabulis lapideis

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sed in tabulis cordis carnalibus (II Cor., III, 3). Autrefois la loi était gravée sur des tables de marbre ; seulement l'homme n'avait pas été réédité en Jésus-Christ et le conflit douloureux régnait entre la loi et celui qui devait l'accomplir. Mais voici que des jours viennent où on ne se souviendra plus du passé. Israël et Juda se sont séparés, Israël a fait schisme : le Seigneur les réunira dans un même royaume. Et avec ce peuple revenu à son unité première, il contractera une alliance nouvelle. — Est-ce donc que cette alliance n'existe pas ? — Elle ne me suffit plus, dit le Seigneur. Elle n'a été qu'une ébauche d'un instant. Je vous veux bien plus près de moi. Ce que je veux ne ressemble pas à l'alliance que j'ai contractée avec vos pères. Elle est nouvelle, xatvTiv, et dépasse à l'infini les conditions d'autrefois.

Même Dieu semble s'adresser un reproche : Mon peuple, dit-il, n'a pas persévéré dans mon alliance, et j'ai été entraîné à le délaisser. Tous s'éloignaient de moi ; j'en ai pris mon parti, et n'ai eu pour les châtier, comme il arrive toujours, qu'à les abandonner à leur volonté perverse. Peut-être, à cette heure-là, ne leur ai-je pas montré assez combien j'aime sérieusement. Ils étaient grossiers et matériels, et je n'ai pu me révéler tout entier. Mais voici venir l'heure de contracter avec la maison tout entière de Jacob réunie et groupée devant moi l'alliance nouvelle. Les jours de l'ancienne loi sont révolus : et désormais la loi de Dieu ne sera plus une règle extérieure, de menace, de contrainte, d'obligation austère et exigeante : elle cessera d'être une série de défenses, hérissée et vide, qui proclame ce qu'il faut éviter et irrite la convoitise, sans dire ce qu'il faut faire. Dorénavant, au lieu d'être écrite à l'encre sur du parchemin, au lieu d'être gravée avec le burin de Dieu sur des tables de marbre ; ah ! la joie souveraine ! la loi sera écrite, par l'Esprit de Dieu, sur la chair vivante de nos cœurs. C'est peu dire : une chose écrite, ou même gravée, n'est encore que superficielle : c'est bien mieux quand la charité, achèvement et plénitude de la loi, est inscrite sur le cœur tout entier, avec un tel souci de pléni-

tude qu'il n'est rien du cœur, rien de l'âme et de l'être qui ne soit rempli et comme trempé de cette loi intérieure, rien qui ne soit baigné, pénétré, transformé, enveloppé par l'influence de Dieu : l'œuvre de la loi, inspirée par la charité, devenant une œuvre spontanée, joyeuse, personnelle, jaillissant d'ellemême de sa source vitale, et se répandant comme une richesse qui grandit de ses largesses mêmes.

Je donnerai ma pensée à leur intelligence profonde, je l'écrirai sur leur cœur comme sur une bandelette vivante que nul ne pourra déchirer ; la loi ne sera jamais oubliée, jamais effacée ; comme elle est charité, chaque pulsation du cœur en sera comme une affirmation nouvelle, jusqu'au jour où le cœur cessera de battre et bien plus longtemps encore : oui, aussi longtemps que Dieu sera Dieu.

Et le fruit de l'alliance sera sans doute dans un sens le même que celui de l'alliance ancienne : nous l'avons dit tant de fois, l'économie religieuse ne peut avoir pour dessein que l'union à Dieu, l'appartenance à Dieu (Ex., VI, 7 ; II Cor., VI, 16 ; Apoc, XXI, 3). Mais il y a plus de distance entre l'économie ancienne et l'économie chrétienne, qu'il n'y en a entre l'économie présente et celle de l'éternité. L'ancien monde n'avait que l'image, et vide : nous sommes riches de toute la réalité seulement voilée : l'éternité sera la possession sans voiles de notre richesse présente : mais enfin Dieu voilé est aussi grand que Dieu qui se montre.

A l'intimité de cette alliance, ajoute l'Apôtre, joignez son universalité et sa plénitude. Aujourd'hui Dieu ressaisit la race humaine tout entière : l'effacement de toutes divisions l'abaissement de toutes barrières entre les hommes signifie qu'il n'y en a plus entre l'homme et Dieu (Eph., II, 14), qu'il n'y a plus de péché, que tout est divinement réparé. Dans l'ancienne loi Dieu a contracté alliance surtout avec un peuple : c'est le groupement ethnique qui est à Dieu, et à qui est Dieu. Chose remarquable : dans cette économie nouvelle où Dieu s'adresse à tout l'ensemble de l'humanité, il s'adresse en même temps davantage à chacun des exemplaires de l'huma-

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