‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 542 sur 663 · LA RÉALITÉ REMPLACE LES FIGURES · texte numérisé non relu

LA RÉALITÉ REMPLACE LES FIGURES

11 Christus autem assistens pontifex futurorum bonorum, per amplius et perfectius tabernaculum non manufactum, id est, non hujus creationis : 12 neque per sanguinem hircorum, aut vitulorum, sed per propr'mm sanguinem introivit semel in Sancta, aeterna redemptione inventa, is Si enim sanguis hircorum, et taurorum, et cinis vitulae aspersus inquinatos sanctificat ad emundationem carnis ; i4 quanto magis sanguis Christi, qui per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit immaculatum Deo, emundabit conscientiam nostram ab operibus mortuis, ad serviendum Deo viventi ? is Et ideo novi testamenti mediator est : ut morte intercedente, in redemptionem earum praevaricationum, quae erant sub priori testamento repromissionem accipiant qui vocati sunt aeternae hereditatis.

Le Christ se présente en son heure, avec ses droits, avec autorité. Il est le pontife des biens futurs ; futurs relativement au mosaïsme à qui il succède, futurs dans une mesure, puisqu'ils ne sont pas encore pleinement révélés. Surtout il est le pontife qui entre et qui fait entrer dans un sanctuaire

plus grand et plus parfait, un Saint des Saints qui n'est pas construit de mains d'homme.

Mais à quel prix est-il entré, avec quelle rançon ? Le prêtre de l'ancienne loi entrait dans son tabernacle figuratif avec le sang des boucs et des génisses : c'était normal, il v avait proportion entre ces éléments, tous figuratifs : le prêtre, l'économie, le sanctuaire, et la rançon vitale qu! y donnait entrée. Mais le Fils de Dieu entre dans le sanctuaire grâce à son sang versé ; c'est par un travail personnel qu'il nous a rachetés, et achetés à lui éternellement. Son expiation et notre rédemption sont chose acquise définitivement pour l'éternité.

En vérité, dit l'Apôtre, si le sang des boucs et des génisses (Levit., XVI), si la cendre de la vache rousse répandue sur la tête (Num., XJX), purifie le coupable de ses souillures légales et extérieures, quelle ne sera pas l'efficacité de ce sacrifice du Christ ? La victime ici est intelligente, son sacrifice est volontaire ; mieux que cela, son sacrifice est spontané, la victime est sans tache, et si l'on veut comme principe de ce sacrifice auguste quelque chose qui soit au-dessus de la volonté humaine la plus parfaite, sachons encore que c'est sous l'influence de l'esprit de Dieu et dès le soir de la Cène que le sacrifice a été offert ; et non pas seulement, comme dans le mosaïsme, par déférence à une prescription rituelle. Combien de motifs réunis pour que le sang du Christ, véhicule de sa vie, purifie non pas seulement notre corps, mais notre âme elle-même, le centre de notre vie ; qu'il ruine en nous les œuvres de péché, qu'il expie, qu'il réconcilie, qu'il scelle et consacre l'alliance nouvelle ; et, une fois purifiés, une fois réconciliés, qu'il nous fasse adorer et servir Dieu par un culte digne de lui !

Car, dans la pensée de l'Apôtre, la fin de la vie c'est d'adorer Dieu. La pureté même de la conscience et la sainteté ont pour dessein dernier et pour terme le culte que nous rendons à Dieu. On n'est pas beau pour être beau et s'arrêter là. On n'est pas pur pour être pur et n'aller pas plus loin. Toute beauté surnaturelle est ordonnée finalement à

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