LE VRAI TABERNACLE
23 Necesse est ergo exemplaria quidem caelestium his mundari : ipsa autem caelestia melioribus hostiis quam istis. ^'i Non enîm in manufacta Sancta Jésus introivit exemplaria verorum : sed in ipsum caelum, ut appareat nunc vultui Dei pro nobis : 25 neque ut saepe offeraf semetipsum, quemadmodum pontifex intrat in Sancta per singulos annos in sanguine aliéna : 26 alioquin oportebat eum fréquenter pati ab
origine mundi : nunc autem semel in consummatione saeculorum, ad destitutionem peccati, per hostiam suam apparuit. 27 Et quemadmodum statutum est hominibus semel mori, post hoc autem judicium : 28 sic et Christus semel oblatus est ad multorum exhaurienda peccata : secundo sine peccato apparebit exspectantibus se, in salutem.
Si nous comprenons bien la comparaison qu'établit l'Apôtre, nous entendons beaucoup moins comment le tabernacle céleste a eu besoin d'être purifié, même par le sang du Christ. Avait-il donc été souillé ? Pourquoi faut-il qu'on n'y puisse entrer qu'avec du sang ? De quelle expiation avait besoin le sanctuaire de l'éternité ? Dire que le tabernacle céleste est purifié lorsque les hommes eux-mêmes sont purifiés de leurs péchés, ne semble pas une réponse suffisante. Dire que le ciel lui-même a été souillé par le péché des Anges, c'est laisser supposer, ou que les Anges pécheurs eurent la vision intuitive, ou que la rédemption du Sauveur leur a profité. Enfin c'est sortir de la pensée de l'Apôtre, qui nous parle ici d'une purification du tabernacle céleste qui soit en rapport avec les relations de Dieu avec l'humanité. Dire que le péché de l'homme a abaissé et humilié la création, qui était suspendue à lui tout entière, et que le résultat du péché a retenti dans la création, c'est dire quelque chose : il est certain en effet que la terre a été maudite : maledicta terra in opère tuo, . . . spinas et tribulos germinabit tibi ; il est certain aussi que la création gémit, qu'elle souffre, qu'elle ne s'incline qu'à regret et par obéissance devant les exigences de l'impie ; mais on peut se demander si cette réflexion est bien pertinente, et si le péché de l'homme a pu refluer jusqu'au tabernacle de l'éternité.
Pacificans per sanguinem crucis ejus, sive quae in terris, sive quae in caelis sunt (Col., I, 20).
Instaurare omnia in Christo, quae in caelis, et quae in terra sunt, in ipso, in quo etiam et nos sorte vocati sumus (Eph., I, 10, 11).