ŒUVRE DÉFINITIVE
l'union parfaite avec Dieu n'avait dû être obtenue que par une série d'efforts partiels, le Christ eût été contraint de souffrir et de mourir plusieurs fois depuis l'origine du monde, et d'arriver ainsi pas à pas, peu à peu, par des moments successifs à l'achèvement de son œuvre sacerdotale. Mais ce n'est pas de la sorte et au moyen d'approches partielles que le Seigneur a procédé. En une seule fois, dans la plénitude des temps et à l'heure que Dieu avait marquée, le Fils de Dieu a été manifesté au monde comme Grand-Prêtre, par la destruction en sa personne de tout le péché.
Les deux derniers versets ont pour dessein d'écarter, plus encore qu'il ne vient d'être fait, la chance pour le Seigneur d'avoir à répéter ou à multiplier l'œuvre de son sacrifice. II en est de lui comme de nous : comme notre mort elle-même, son sacrifice a un caractère péremptoire et définitif : il ne revient pas en arrière. Pour tous les hommes, en effet, la volonté de Dieu, au lieu de leur ménager des épreuves successives et des réincarnations, a défini qu'après la mort, sans autre essai, ni autre événement, ils sont aux mains de Dieu. Le seuil de la mort franchi, il n'est plus au pouvoir de l'homme, ni de vivre, ni de mourir à nouveau, ni de modifier une situation acquise définitivement. De même et par analogie, le Christ a achevé sa vie terrestre en s'offrant pour effacer le péché de tous. Désormais, pour lui il n'y a plus de place pour un sacrifice nouveau, mais seulement pour une condition immuable. Entré dans le sanctuaire éternel, il réapparaîtra aux yeux des hommes, mais sans ce fardeau du péché qu'il avait pris sur lui la première fois, et ne se montrera à ceux qui l'attendent dans la foi et l'espérance, que pour leur procurer le salut près de lui.