LE SACRIFICE NOUVEAU
Un sacerdoce d'une dignité incomparable, puis une œuvre sacerdotale ou sacrifice qui, soit comme expiation, soit comme rançon de l'alliance, l'emporte à l'infini sur l'œuvre sacerdotale mosaïque, en réalité, en étendue, en efficacité, en magnificence : cela ne se renouvelle pas. Car ce sacrifice est deux fois unique : et parce qu'il exclut sa propre répétition : c'est l'argument sur lequel se termine le chapitre IX ; et parce qu'il remplace, abolit et concentre en lui seul tous les sacrifices variés de l'ancienne loi : Deus qui legalium differentiam hostiarum in unius sacrifiai perfectione sanxisti...
1 Umbram enim habens lex futurorum bonorum, non ipsam imaginem rerum : per singulos annos eisdem ipsis hostiis, quas offerunt indesinenter , nunquam potest accedentes perfectos facere : 2 alioquin cessassent offerri : ideo quod niillam kaberent ultra çonscientiam peccati cultores semel mundati : s sed in ipsis commemoratio peccatorum per singulos annos fit. 4 Impossibile enim est sanguine taurorum et hircorum auferri peccata.
La loi juive ne possédant que l'ombre et la seule promesse, mais non la réalité présente des biens futurs, en était réduite, chaque année, au moyen des mêmes victimes, offertes périodiquement par les prêtres, à trahir son inefficacité par cette réitération elle-même. Elle se dénonçait incapable d'unir à Dieu, et de conduire à l'achèvement, à la perfection de la vie surnaturelle ceux qui venaient à elle.
Et en effet, dit l'Apôtre, si la loi ancienne avait été capable d'effacer le péché, de détruire le seul obstacle qu'il y a entre Dieu et l'homme, si l'homme avait eu conscience, grâce aux sacrifices de la loi, d'être mis en possession de l'intimité de Dieu, les sacrifices eussent pris fin.