DEVOIRS ESSENTIELS
19 Habentes itaque fratres fiduciani in introitu Sanctomm in sanguine Christi, 20 quam initiavit nobis viam novam, et viventem, per velamen, id est, carnem suam, 21 et sacerdotem magnum super domum Dei : 22 accedamus cum vero corde in plenitudine fidei, aspersi corda a conscientia mala, et abluti corpus aqua munda, 23 teneamus spei nostrae confessionem indeclinabilem, (fidelis enim est qui repromisit) 24 et consideremus invicem in provocationem charitatis, et bonorum operum : 25 non deserentes collectionem nostram, sicut consuetudinis est quibusdam, sed consolantes, et tanto magis quanto videritis appropinquantem diem.
C'est sous la forme d'une conclusion que se présente la doctrine pratique exposée maintenant, car elle n'est que le corollaire naturel de l'enseignement dogmatique qui a précédé. Le vrai tabernacle, le sanctuaire céleste, nous est ouvert aujourd'hui. Désormais, ce n'est plus le Grand-Prêtre seul, qui une fois l'an, avec le sang des victimes, pénètre à l'intérieur d'un tabernacle vide ; chacun de nous est mis en possession ; chaque chrétien est plus riche que le Grand-Prêtre d'autrefois, et ce, grâce au sang du Seigneur qui lui a frayé le chemin. Chez quelques-uns des Juifs coiivertis la foi était faible, aussi leur espérance n'échappait-elle pas à une certaine pusillanimité. Là où la foi est faible, l'espérance est hésitante. Aussi après avoir affermi la foi par l'enseignement précédemment donné, saint Paul relève-t-il maintenant l'espérance. Nous avons la confiance assurée d'entrer dans le tabernacle où nous serons avec Dieu : la Vulgate nous dit : in introitu Sanctorum ; le grec porte : sic tV s'!'croôov twv âyîcov, et marque ainsi de façon précise l'apanage filial dont nous sommes assurés. Ce qui nous est garanti, ce dont nous avons le gage et le titre, c'est l'entrée du sanctuaire éternel. Nul ne se lèvera sur le seuil pour nous en interdire l'accès. Non sans doute qu'il y ait de notre part en cette assurance ni présomption, ni audace, ni témérité. Non. Notre assurance est fondée toute sur le sang du Seigneur. Nous ne nous réclamons pas de nos mérites, mais des siens. Tout nous vient de lui, et l'accès du tabernacle, et l'effacement de nos péchés, et notre titre, c'est-à-dire notre unité avec lui : tout cela nous vient de son sang : et dès lors, notre confiance et notre assurance, loin d'être l'exaltation d'un sentiment personnel, ne sont autre chose qu'un hommage et un honneur rendus à la souveraine efficacité de son sang et de sa rédemption. Redemisti nos, Domine Deus, in sanguine tuo. Car c'est le Christ seul, le Grand-Prêtre de ce tabernacle, qui nous en a frayé le chemin.
Il nous sera permis de regretter que la Vulgate ait traduit £''ç TTiv tiGoooy Twv ctyiwv , par in introitu Sanctorum, et surtout négligé la relation grammaticale TrjV eî'o-ooov f,v