LA FOI SURNATURELLE
Quelles sont donc les dispositions intérieures qui assureront au chrétien le bénéfice de l'économie nouvelle ? A quel prix conquérir les avantages qui nous sont offerts de Dieu ? Quelle attitude intérieure et active devons-nous apporter à Dieu, afin d'obtenir le trésor surnaturel qui nous est constitué par la médiation du Seigneur ? Comment tous ces biens deviendront-ils nôtres ? Où et comment se fait l'union à Dieu ?
L'économie chrétienne n'est la plus parfaite et définitive que parce qu'elle procure l'union achevée avec Dieu : union consommée dans l'éternité ; et le procédé de cette union sera la vision béatifique, œuvre d'intelligence, d'intelligence surnaturelle habilitée, assouplie et adaptée par la lumière de gloire. L'union de la terre s'accomplit dans la foi, dans l'exercice de l'intelligence surnaturelle, revêtue de la foi. La foi, telle est, selon l'Apôtre, la disposition essentielle qui nous fait nous approprier le trésor offert par le Christ. Nous ne tarderons pas à reconnaître que, chez l'Apôtre, la foi dont il parle est la foi complète, non isolée de l'espérance ni de la charité. Après avoir encouragé les Hébreux à persévérer dans la foi et l'espérance en leur rappelant ce qu'ils avaient eux-mêmes affronté, souffert, et vaillamment supporté déjà, voici que l'Apôtre y joint l'encouragement de la race entière, leur rappelant au cours du chapitre XI, que l'histoire de l'humanité sainte et du peuple juif est un grand acte de foi qui a duré cinquante, siècles, et que tous les triomphes surnaturels, depuis le commencement des choses jusqu'aux Machabées, ont été remportés par la foi.