‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 571 sur 663 · GARDIENS DE LA FOI · texte numérisé non relu

GARDIENS DE LA FOI

20 Fide et de futuris benedixit Isaac, Jacob et Esau. 21 Fide Jacob, moriens, singulos filiorum Joseph benedixit : et adoravit fastigium virgae ejus. 22 Fide Joseph, moriens, de profectione filiorum Israël memoratus est, et de ossibas suis mandavit.

C'est à raison de leur foi et de leur attachement à Dieu, que les patriarches étaient parfois entraînés à contrarier l'ordre naturel des choses. Isaac a béni Jacob" d'abord et

Esaû, dit l'Apôtre. Le récit sacré nous montre bien qu'Isaac voulait donner sa bénédiction à son premier-né, et l'établir ainsi héritier des promesses. Pourtant, il est visible (Gen., XXVII, 33) qu'il maintient les choses dans le plan de Rébecca et de Dieu même : benedixique ei, et erit benedictus. La pensée ne lui vient pas de corriger son erreur, ni de réformer ce qu'il a établi, tant ce qu'il vient de faire est selon l'ordre de Dieu. La bénédiction qui concerne les biens futurs eî les promesses faites à Abraham, — même surprise, — oriente tous ces biens surnaturels dans le sens et la direction

fixés par elle.

Une fois de plus, au cours de la vie de Jacob, nous voyons intervertir l'ordre de nature, et les préférences du père de famille s'incliner devant une exigence plus haute. Ici l'allusion est rapide : elle pouvait l'être s'adressant à des hommes familiers avec l'Ecriture. C'est dans la foi, dans une conviction surnaturelle que Jacob mourant bénit les deux fils de Joseph : c'était en effet traiter Joseph comme son aîné que lui donner double part et double place dans les tribus d'Israël ; Joseph y était représenté deux fois par Ephraïm et par Manassé. Il y a plus : lorsque les mains de Jacob se portèrent pour les bénir sur les enfants de Joseph, la main droite se porta sur Ephraïm le plus jeune, la main gauche sur Manassé ; une fois de plus le droit d'aînesse fut violé ou corrigé par une disposition divine.

Quel est le sens de la clausule qui suit : et adoravit fastiglum virgae ejus ? On pourrait penser que c'est dans cette même circonstance où il bénit les enfants de Joseph, que Jacob s'inclina devant le haut du sceptre de Joseph : pourtant il n'en est rien, car ce dernier fait appartient au chapitre XLVII, 31 : il forme la conclusion de la scène qui a précédé : il contient le remerciement de Jacob à son fils après qu'il a obtenu de lui la promesse de reposer auprès d'Abraham et d'Isaac, hors de l'Egypte. Les deux faits rapportés par l'Apôtre au v. 21 ne sont pas absolument de la même époque, et le second est historiquement antérieur au premier.

Ce ne serait rien encore : pour tout compliquer voici que le passage de la Genèse XLVII, 31, a un sens très différent dans la Vulgate et dans les Septante : Adoravit Israël Deum, conversas ad lectali caput, telle est la leçon de la Vulgate : mais c'est saint Jérôme qui a ajouté, Deum. Les Septante portent : et adoravit fastigium virgae ejus. La racine première de l'indécision se trouve dans un mot hébreu « matah », qui avec des points-voyelles un peu différents signifie ou lectus, xAtvTj, ou sceptrum/pâ^ooq. Encore ne sait-on pas toujours si c'est du sceptre de Joseph, ou du bâton de Jacob 'qu'il est question. De là une grande variété de traduction : Jacob, pour remercier son fils de la promesse, tantôt s'incline sur sa couche, ou bien s'incline vers le sceptre de son fils, image du sceptre du Messie, et comme lui trahi par ses frères ; tantôt s'incline comme un vieillard sur le haut du bâton qui soutient ses pas. Il est plus naturel de penser que cette dernière leçon est originale.

L'Apôtre s'en est tenu à la traduction des Septante, et a vu dans l'acte de Jacob un témoignage de vénération à la royauté de Joseph, symbolisant la royauté du Christ.

Voici que Joseph, le vice-roi de l'Egypte entière a amené toute sa famille, et l'a établie dans la terre de Gessen, la plus fertile de toute l'Egypte : n'est-il pas naturel qu'il considère cet établissement comme providentiel et comme définitif ? Peut-on espérer pour un peuple de pasteurs une situation meilleure, et le souhait de celui qui l'a miraculeusement procurée peut-il être autre que celui-ci : «Pourvu que cela dure!» Pourtant Joseph mourant, éclairé par la lumière de Dieu, annonce l'exode d'Israël vers une autre terre, et demande aux siens lorsque Dieu les fera sortir de l'Egypte, d'emporter avec eux ses ossements, afin qu'il ait la joie de reposer avec ses pères (Gen., L, 23, 24).

25 Fide Moyses, natus, occultatus est mensibus tribus a parentibus suis, eo quod vidissent elegantem infantem, et non timuerunt régis edictum. 24 Pide Moyses grandis factus nega-

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