UTILITÉ DES SOUFFRANCES 44T
3 R^ecogitate enim eum, qui talem sustinuit a peccatoribus adversum semetipsum contradictionem : ut ne fatigemini, animis vestris déficientes. ^Nondum enim usque ad sanguinem resfifistis , adversus peccatum répugnantes : ^ et obliti estis consolationis, quae vobis tamquam filiis loquitur, dicens : Fili mi, noli negligere disciplinam Domini : neque fatigeris dum ab eo argueris. ^ Quem enim diligit Dominus castigat : flagellât autem omnem filium, quem recipit. ^ In disciplina persévérâtes Tamquam filiis vobis offert se Deus : quis enim filius, quem non corripit pater ? s Quod si extra disciplinam estis, eu jus participes facti sunt omnes : ergo adalteri, et non filii estis. 9 Deinde patres quidem carnis nostrae, eruditores habuimus, et reverebamur eos. Non multo magis obtemperabimus Patri spirituum, et vivemus ? lo Et illi quidem in tempore paUcorum dierum, secundum voluntatem suam erudiebant nos : hic autem ad id, quod utile est in recipièndo sanctificationem ejus. n Omnis autem disciplina in praesenti quidem videtur non esse gaudli, sed moeroris : postea autem fructum pacatissimum exercitatis per eam, reddet justitiae. 1" Pr opter quod remissas manus, et soluta genua, erigite, 13 et gressus rectos facite pedibus vestris : ut non claudicans quis erret, magis autem sanetur'. i4 Pacem sequimini cum omnibus, et sanctimoniam, sine qua nemo videbit Deum : is contemplantes ne quis desit gratiae Dei : ne qua radix amaritudinis sursum germinans impediat, et per illam ihquinentur multi. 16 iVe quis fornicator, aut prof anus ut Esau : qui pr opter unam escam vendidit primitiva sua : i7 scitote enim quoniam et postea cupiens hereditare benedictionem, reprobatus est.: non enim invenit poenitentiae locum, quamquam cum lacrymis inquisisset eam.
Puis, fait remarquer l'Apôtre, réfléchissez un instant àla nature et à l'intention divine de ces souffrances que vous endurez. Songez à ce que le Seigneur, innocent, a souffert dela main des pécheurs, quel combat il a soutenu contre eux : devant ce souvenir vos âmes ne se relâcheront pas, et votre:
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vigueur surnaturelle se renouvellera à ce contact. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, dans cette lutte contre le péché ; ne serez-vous pas capables de mettre un peu de sueurs et un peu de larmes là où pour vous le Seigneur a mis tout son sang ?
Votre souffrance d'ailleurs, outre qu'elle est tolérable, fait partie de votre éducation surnaturelle. La première réaction de l'homme contre l'épreuve qui vient à lui est instinctive et irraisonnée, automatique en quelque sorte : mais un peu de réflexion corrigera l'œuvre de l'instinct. Au milieu même de la souffrance, nul ne peut oublier le travail intérieur dont la souffrance est auprès de nous l'agent providentiel, non plus qu'il ne peut méconnaître l'encouragement divin qu'apportent la douleur et l'épreuve, instruments auprès de nous d'une tendresse paternelle. L'éducation proprement dite implique la collaboration active du sujet même de cette éducation. Unissons donc notre volonté à l'action divine. Aussi bien, le Seigneur ne se laissera pas persuader par les plaidoyers gémissants de notre sensibilité. Les représailles ne s'arrêteront pas devant notre mauvaise humeur. Il poursuivra, en nous laissant crier, l'œuvre bénie. S'il ne nous aimait pas, si nous n'étions pas ses enfants, il prendrait moins de souci et se désintéresserait tranquillement d'une œuvre sans portée. II corrige parce qu'il aime, parce qu'il aime notre beauté, et aussi sans doute, parce qu'il veut nous faire acquitter, usque ad novissimum quadrantem, les dettes contractées autrefois. En un mot, dans l'épreuve c'est l'éducation en vue de l'éternité qui se poursuit. Même l'Ancien Testament (Eccli., II, 1, 2) nous avertit de ne pas traiter légèrement, sans regarder son but et sa portée, la souffrance qui nous vient du Seigneur ; et aussi de ne pas perdre la tête lorsque nous sommes repris et amendés par lui. C'est lui. Pourquoi nous impatienter contre nous-mêmes, nous irriter à vase fermé, nous replier dans je ne sais quelle sourde colère ? N'accusons pas non plus les autres, ni les circonstances, ni les événements, supportons vaillamment : sustine sustentationes Dei, conjungere Deo et sus-