ACTION PURIFIANTE DE DIEU
Une ; soyons de l'avis de Dieu, contre nous-mêmes, ut crescat in novissinio vita tua. Il n'y a pas d'avenir surnaturel pour ceux qui ne savent pas supporter avec calme les représailles de Dieu : une réelle vaillance est indispensable pour arriver à la perfection.
C'est ainsi que Dieu forme celui qu'il aime, et, dans sa tendresse paternelle, épure ceux qu'il regarde comme des fils aimés.
La conclusion est facile : que nous donnions à rÛTCop.éveTe le sens impératif comme l'a fait la Vulgate, ou le sens de l'indicatif : Persévérez dans l'épreuve qui vous vient de Dieu, continuez à recevoir le bénéfice de l'action divine ; ou bien : Vous supportez l'épreuve : Dieu continue à vous former ; il est Père, et vous traite comme des fils aimés. En effet, quel est le fils qui n'est pas pour son père un souci ? Mais ceux qui n'ont jamais souffert, et plus encore ceux qui n'acceptent pas le bénéfice qui leur vient de l'épreuve et se révoltent contre la main de Dieu alors qu'elle les touche, ceux que la souffrance d'un jour ébranle dans leur foi et leur confiance, doivent se demander s'ils sont pour vrai les enfants de Dieu.
Ce sont vérités de bon sens et d'expérience même naturelle. L'Apôtre aime à -comparer notre vie présente aux conditions de l'enfance : Cum essem parvulus. Quanto tempore hères parvulus est. Ce n'est qu'en l'éternité, selon lui, que nous parvenons à l'âge viril. Lorsque nous étions enfants, dans cette période qui nous prépare à la vie sérieuse, nos parents nous formaient, nous punissaient, nous châtiaient même, afin de créer en nous le préjugé, de la vertu, afin d'associer en nous à la pensée du mal l'idée du châtiment qui en est le salaire. Longtemps nous avons été ainsi guidés, repris, conduits, punis, châtiés ; et ce sont les efforts de nos parents selon la chair qui ont fait sortir l'homme de l'enfant. Nous nous laissions faire alors, et dans une sorte de pressentiment que l'on avait raison, dans la conviction de leur tendresse, nous aimions nos parents quand même ; aujourd'hui que la pensée est toute débrouillée chez nous, n'aurions-
nous pas assez de jugement et de confiance pour nous remettre au Père de nos âmes, et ce, pour entrer dans la vraie vie ? Car, il faut bien le dire, nos parents ne nous formaient alors que pour une vie éphémère.
La traduction de la Vulgate semble, à première vue, faire allusion à la période même de notre éducation qui est de quelques années seulement. Mais il est fort clair, dans le texte grec, que pour l'Apôtre la vie brève et éphémère est la vie présente. Puis cette formation humaine n'a rien de définitif : et de plus, en dépit de la tendresse et de la sagesse paternelles,, cette formation eut peut-être ses erreurs et ses lacunes. Alors même qu'elle ne voulait que le bien, cette tendresse pouvait se méprendre en ses procédés : Dieu, lui, ne veut et ne fait que le bien, n'amène que ce qui nous est utile en vue d'une vie éternelle et de notre participation à sa sainteté même : ut per haec efficiamini divinae consortes naturae (II Petr., 1, 4). Il est vrai, dit l'Apôtre en achevant son exhortation à la constance, l'épreuve est de l'heure présente, toute la récompense est de l'avenir. Nous ne recueillons pas sur l'heure le fruit de cette formation divine. A l'heure oiî elle s'exerce sur nous, nous n'en ressentons que la peine : la racine en est amère. Mais attendons seulement. A ceux qu'elle aura éprouvés un instant, la main divine rendra comme récompense un fruit de paix et de justice : l'Apôtre l'appelle paisible, pacaiissimuTUr parce qu'il aura succédé au combat et qu'il aura été acheté par lui.
Que cet espoir relève donc les cœurs abattus, lés mains découragées, les genoux fatigués ; qu'il aplanisse les sentiers par lesquels vous marchez, et que ceux-là mêmes qui ont chancelé dans leur foi rentrent dans la voie du bien et du salut !
Il semble que le verset 14 doive être interprété en relation avec la condition chrétienne au milieu d'un monde païen. Les âmes chrétiennes, qu'elles vinssent du paganisme ou du mosaïsme, étaient encore dans ce monde dont elles n'étaient plus : leur mission était de créer de la paix autour d'elles,.