FIDÉLITÉ PLUS GRANDE
18 ]S!on enim accessistis ad tractabilem montem, et accensibîlem ignem, et turbinem, et caliginem, et procellam, i9 et tubae somim, et vocem verborum quam qui audierunt, excusaverunt se, ne eis fieret verbiim. 20 Non enim portabant quod dicebatur : Et si bestia tetigerit montem, lapidabitur. 21 Et ita terribile erat quod videbatur. Moyses dixit : Exterritus sum, et iremebundus. 22 Sed accessistis ad Sion montem, et civitatem Dei viventis Jérusalem caelestem, et multomm millium Angelorum frequentiam, 23 et Ecclesiam primitivorum, qui conscripti sunt in caelis, et judicem omnium Deum, et spiriius justcrum perfectorum, 24 et testamenti novi mediatorem jesum, et sangulnis aspersionem melius loquentem quam Abel.
Une fois de plus l'Apôtre revient à l'exhortation déjà entendue II, 2-3 ; X, 28, 29. La condition chrétienne requiert une fidélité d'autant plus grande que l'économie nouvelle est plus parfaite et plus voisine de Dieu. Ce qui nous doit porter à un surcroît de vigilance et de délicatesse surnaturelle avec Dieu, c'est que nous sommes aujourd'hui, non plus sous le joug de la loi et de ses terreurs, mais sous la condition de l'Evangile et de ses promesses : plus la loi est aimante, plus l'obéissance doit être affectueuse. Aujourd'hui nous avons échappé à l'esprit servile et tremblant de l'ancienne loi. En venant à Dieu nous ne nous sommes plus trouvés ei"ufaèe d'une montagne déserte et menaçante, inaccessible, toute enflammée, sillonnée d'éclairs : tantôt enveloppée de nuages et de ténèbres et plongée dans l'obscurité, tantôt retentissant des éclats de la tempête et de la foudre.
Pour achever la terreur qu'inspire cette scène, voici que le son des trompettes annonce la venue du roi ; puis une voix puissante qui pénètre de terreur ceux qui l'entendent, au point qu'ils demandèrent que ce fût Moïse et non le Seigneur lui-même qui leur adressât la parole (20 et 21 ne sont qu'une parenthèse), tant le voisinage du Seigneur semait la terreur en Israël : l'animai qui eût touché la montagne, devait être
lapidé. Et Moïse lui-même, à la vue de Dieu disait : Je suis effrayé et tremble devant vous.
Si maintenant nous regardons à l'économie nouvelle, quel contraste ! Vous cherchiez Dieu et êtes venus, non à la montagne du Sinaï, mais à la montagne de Sion. Est-ce à la montagne matérielle sur laquelle était bâtie la cité de David ? Non, l'Apôtre ne nous laisse pas le loisir de le penser. C'est à la montagne spirituelle de Sion où Dieu demeure, à la Jérusalem nouvelle, l'Epouse de Dieu, la ville sainte : Ecce tabernaculum Dei cum hominibus. Au lieu des ténèbres et des nuages du désert, nous avons trouvé là des myriades de bienheureux, une fête qui réunissait tous les Anges à la famille de Dieu, à l'Eglise des premiers-nés, (les Saints de l'Ancien Testament) , dont les noms sont inscrits au livre de vie. Puis Dieu au milieu de tous : ipse Deus cum eis erit eoram Deus, non pas sur un trône, mais mêlé avec eux dans une sainte intimité. Et si ce Dieu est appelé le juge de tous, c'est moins pour signaler l'acte de discernement et d'équité souveraine, que la sentence de bénédiction prononcée antérieurement par lui sur le mérite de leurs œuvres ; puis avec Dieii et près de lui, les âmes des justes, sans doute du Nouveau Testament, consommés dans le Seigneur et ne faisant, par leur perfec- . tion, qu'un avec lui ; enfin le médiateur de l'alliance nouvelle, au titre de qui se réunissent autour de Dieu tous les membres de cette céleste société, Notre-Seigneur Jésus-Christ, ayant accompli son antique promesse : Accipiam vos ad meipsum, ut ubi ego sum et vos sitls. Quelle réunion, quelle société ! Avec la grâce de Dieu, nous en serons, enveloppés tous de la pourpre du sang versé pour nous, de ce sang qui ne veut pas avoir coulé en vain et crie justice à Dieu impérieusement. Car il crie justice, lui aussi, mais pour incliner les justices de Dieu. Il s'adresse à l'infinie droiture pour obtenir le pardon, au nom de la rançon consentie et offerte. O felix culpa !
25 Videte ne recusetis loquentem. Si enim illi non effugerunt, récusantes eum, qui super terram loquebatur : multo