‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 582 sur 663 · RENOUVELLEMENT UNIVERSEL · texte numérisé non relu

RENOUVELLEMENT UNIVERSEL

magis nos, qui de caelis loquentem nobis avertimus ; 26 cujus vox movit terram tune : nunc autem repromittit, dicens : Adhuc semel : et ego movebo non solum terram, sed et caelum. 27 Quod autem, Adhuc semel, dicit : déclarât mobilium translationem tamquam fadorum, ut manèant ea, quae sunt immobilia. 28 Itaque regnum immobile suscipientes, habemus gratiam : per quam serviamus placentes Deo, cum metu et reverentia. 29 Etenim Deus noster ignis consumens est.

Le devoir des chrétiens est dès lors bien tracé : ne pas se dérober à l'appel de Dieu, ne pas tromper le sang versé. On ne peut avoir été aimé de la sorte sans encourir une immense responsabilité. Si ceux dont il est parlé dans l'Exode n'ont pas échappé au châtiment que leur valurent leur indocilité et leur folle demande de ne plus entendre la voix de Dieu, alors qu'il leur parlait sur terre, comment pourrions-nous impunément, nous, négliger la voix de celui qui nous parle du haut des cieux ? Au jour du Sinaï sa voix n'a fait trembler que la terre : A facie Domini mota est terra, a facie Dei Jacob ; mais les prodiges d'alors sont peu de chose auprès de ce que le Seigneur se réserve d'accomplir. Au retour de la captivité, lorsque le prophète Aggée (c. II) voulait consoler la tristesse des Juifs, il mettait sur les lèvres du Seigneur la promesse de la révolution religieuse, d'aujourd'hui. « Donnezmoi quelque temps, disait le Seigneur, et ce ne sera plus comme au Sinaï, la terre seulement, c'est le ciel même que j'ébranlerai, par la manifestation du royaume de Dieu. Nul rie se souviendra plus alors, ni du Sinaï, ni du temple ancien.>

En disant : Encore un instant, en faisant appel à une •heure nouvelle, en marquant une échéance unique et définitive, le prophète annonce au nom de Dieu l'abrogation et l'élimination de tous les éléments caducs et précaires, créés pour une heure seulement, soumis au temps et à la succession. Ce grand ébranlement promis de Dieu ruinera tout ce qui est voué à mourir, tout ce qui est occasionnel, créé pour les circonstances : le temple, la synagogue, Jérusalem ayant

disparu, il ne restera plus que ce qui est immuable et éternel. Au lieu donc de nous attacher désespérément à l'élément caduc de la religion juive, au lieu de disputer à la mort ce qui doit mourir, nous tous qui appartenons à ce royaume qui ne change pas, et qui, loin d'être ébranlé par la secousse divine, est constitué par cet ébranlement lui-même ; nous, à qui rien ne manque, sur qui repose la faveur de Dieu, et qui lui rendons le culte qu'il aime, servons-le dans la piété et dans la crainte. Car selon qu'il a été dit autrefois (Deut., IV, 24), Dieu est jaloux, il est un feu consumant, souverainement ennemi de toute impureté et de toute faiblesse.

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