LA GLOIRE DE DIEU
ni béni : Quia cum cognovissent Deum, non sicut Deum glorificaverunt, aut grafias e gérant (Rom., I, 21).
La gloire de Dieu, définitive, n'est donc achevée que lorsque la créature intelligente non seulement connaît, mais lui rapporte toutes choses et le lui témoigne par son culte et par sa fidélité pratique. C'est là que Dieu recueille le fruit de la création, c'est la fin de toute la création même. Le fruit, c'est le terme définitif, désiré, savoureux, que procure l'arbre utile : car ni les racines ne sont pour elles-mêmes, ni le tronc pour lui, ni pour elles les branches, ni les feuilles ni les fleurs ; tout est pour le fruit, qui est le terme et qui seul est bon à recueillir et à savourer. En cela consiste la gloire que Dieu retire de sa création ! Et l'expression de cette gloire, sa signification et sa traduction parfaite, c'est la parole de louange ou la prière. Dieu ne désire que cela : de vrais adorateurs en esprit et en vérité. Notre prière, l'expression parfaite de notre religion va vers lui comme l'hommage de toute la création, comme un flot d'encens, tout chargé de notre foi, de notre espérance, de notre charité, de notre adoration. On emploiera aussi d'autres symboles, des expressions moins parfaites, des gestes, des mouvements, des encensements, des génuflexions, parce que .tout doit servir à honorer Dieu : mais l'instrument définitif, mais le témoignage achevé, parfait, pleinement expressif, c'est la parole : fructum labioram confitentium nomini ejus. Toute notre âme est dans notre voix, et nous savons bien la recommandation de remplir l'une avec l'autre : mens nostra concordet voci nostrae.
Le monde est accoutumé à dire de ceux qui prient: «Mais qu'est-ce qu'ils font ? Ils ne font Yien ! » Pour le monde, prier c'est ne rien faire ; c'est la forme mystique de la paresse.- Nous nous vengeons, nous autres, en disant : « Ceux qui ne prient pas, que font-ils ? » Mais il faut finir, et remarquer que le fruit des lèvres qui confessent Dieu et rendent hommage à son nom, c'est sans doute la prière, mais avec la prière, par un corollaire nécessaire, c'est la fidélité morale et
religieuse de notre vie : la vie, la pensée, la prière, tout cela ne doit faire qu'un.
La charité pratique, et l'aumône, la communion des biens, Iruit de la charité : nous avons déjà remarqué combien ceci appartenait à la première heure de l'Eglise. Une fois encore l'Apôtre revient à l'allusion fréquente ; ce sont là les victimes qui inclinent vers nous le cœur de Dieu, et non les viandes juives : escis quae non profuerunt ambulantibus in eis. Il est facile de voir que, depuis le v. 9 jusqu'à 17, nous avons affaire à une longue parenthèse provoquée par les tentatives des Juifs de l'extérieur afin de reconquérir les convertis en les réaccoutumant à leurs repas, à leurs viandes, à leurs habitudes festives. La parenthèse s'explique et s'achève en ces derniers mots : talibus hostiis promeretur Deus.
17 Obedite praepositis vestris et subjacete eis. Ipsi enim pervigilant quasi rationem pro animabus vestris reddituri, ut cum gaudio hoc faciant, et non gementes : hoc enim non ex~ pedit vobis.
Après cela, la pensée de l'Apôtre revient aux devoirs de la communauté chrétienne envers ses chefs hiérarchiques. On leur doit à tous l'obéissance et la docilité : l'obéissance qui accomplit les prescriptions ; la docilité, qui se laisse conduire et diriger. Et le seul motif que fait valoir l'Apôtre est qu'il ne faut pas peser outre mesure sur les épaules qui nous portent. Il ne dit pas : obéissez parce que ceux qui vous commandent sont des saints, parce qu'ils sont aimables, parce qu'ils sont intelligents, parce qu'ils sont vertueux : la vraie raison n'est jamais dans des considérations de cette nature. Obéissez, dit-il, parce que c'est votre avantage et votre privilège d'obéir.
Même il ne nous demande pas l'obéissance et la docilité comme une récompense des services qui nous viennent de ceux qui nous commandent et nous sont dévoués. A première vue, on pourrait le penser et traduire : « Obéissez, soyez do-