DERNIERS AVIS
alors au centre et aux racines mêmes de notre action, il se sert de nous comme d'un instrument qui s'abandonne à lui. C'est lui qui vit en nous. C'est lui qui fait en nous et par nous tout son bon plaisir, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, en qui nous sommes entés pour être un avec Dieu. A lui, Notre- Seigneur Jésus-Christ, soit la gloire aux siècles des siècles '
22 Rogo autem vos jratres, ut sufferatis verbum wlatii. Etenim perpaucis scripsi vobis. 23 Cognoscite fratrem nostrum Timotheum dimissum : cum quo (si celé nus venerit) videbo vos. 24 Salutate omnes praepositos vestros, et omnes sanctos. Salutant vos de Italia jratres. 25 Gratta cum omnibus vobis. Amen.
Même après la doxologie, l'Apôtre ajoute un post-scriptum, et comme un billet d'envoi. Je vous en prie, mes frères, acceptez cette parole de consolation, d'exhortation, d'encouragement que j'ai voulu vous adresser au milieu de vos épreuves. J'ai été trop bref à mon gré et à raison de l'importance de mon sujet.
Sachez que notre frère Timothée a été envoyé par nous en Orient, selon la promesse faite aux Philippiens (Phil., II, 19-23). Je lui ai donné avis, après avoir fait en Orient ce qu'il y doit faire, et comprimé le gnosticisme qui commence, de revenir vers moi. S'il revient à temps, ce sera avec lui que je vous reverrai. Timothée avait partagé à Rome la captivité de l'Apôtre, et comme demi-juif de naissance, les relations s'étaient établies facilement avec les Juifs de Rome.
Portez mon salut à tous ceux qui vous conduisent, à vos chefs, a tous les chrétiens. Cela veut dire, j'embrasse, dans le baiser sacré, tous les chefs et tous les fidèles. Tous les chrétiens qui sont venus ou qui habitent en Espagne, natifs de l'Italie, que vous connaissez, qui vous connaissent, vous saluent aussi. Remarquons une fois de plus comment toutes ces particularités de détail s'expliquent naturellement dans le point de vue adopté dès le commencement, d'une lettre écrite
par saint Paul, de l'Espagne, à la communauté juive de Rome. Que la bienveillance de Dieu soit avec vous tous. Rien ne manque à ceux qui sont aimés de Dieu ! Amen.
Nous ne pouvons terminer ce long exposé de la doctrine de saint Paul sans remarquer qu'elle se résume toute :
dans la révolution religieuse accomplie en l'homme individuel (I et II Cor., Gai., Rom.) ;
dans la révolution religieuse accomplie en l'humanité (Eph., Col., Phil.) ;
dans l'acte suprême qui a déterminé pour le temps et pour l'éternité cette double révolution (Hebr.).
ËPITRES PASTORALES
Nous avons supposé que l'épître aux Hébreux date du séjour de l'Apôtre en Espagne (64-66). Désormais, nous ne savons des derniers mois de l'Apôtre saint Paul que ce que nous apprennent les allusions semées çà et là dans les épîtres Pastorales.
On donne ce nom de Pastorales aux trois dernières lettres de l'Apôtre : deux d'entre elles furent écrites à Timothée, une à Tite. Leur titre leur est venu de leur objet même et de leur destination : adressées à des pasteurs ou évêques, elles ont pour objet spécial les devoirs de ceux qui possèdent l'autorité dans l'Eglise. Elles nous aident à reconnaître la méthode suivie par les Apôtres dans la constitution des chrétientés primitives, les règles qui ont déterminé le recrutement des ministres, l'étendue de leurs attributions, la physionomie de ces jeunes chrétientés.
Il ne reste plus guère à l'Apôtre qu'une année à passer sur terre. Souvenons-nous que sur la fin de' sa première captivité à Rome, et avant l'évangélisation de l'Espagne, il a caressé le projet d'un voyage vers l'Asie Mineure (Philip., I, 26). En renvoyant Epaphrodite à Philippes (Ibid., II, 25), en promettant d'y envoyer Timothée (Ibid., 23), il n'a pas renoncé à s'y rendre en personne (Ibid., 24). Même, il est allé plus loin, et a demandé à Philémon de lui préparer un logement (Philem., 22). Il a ensuite ajourné ce voyage. Peutêtre les lenteurs de son procès l'y ont-elles contraint ': peutêtre s'est-il dit que l'Espagne était si proche, qu'il ne l'avait pas vue encore, qu'il n'aurait peut-être pas le loisir de la voir, et qu'après tout, Timothée, dépositaire de sa pensée, avait toute l'autorité nécessaire pour comprimer les hérésies naissantes de l'Orient.
L'Apôtre avait des desseins arrêtés, mais ne se regardait pas comme prisonnier d'un programme, et n'hésitait pas à le modifier selon le cours de ses réflexions, ou devant une indication divine venue des circonstances et des événements. Au lieu de se diriger aussitôt vers l'Orient, saint Paul, nous l'avons vu, a finalement préféré se rendre en Espagne. Il est sorti de Rome à temps, avant l'incendie de la ville (19-28 Juillet 64), et le commencement de la persécution de Néron. Timothée, Je son côté, est parti pour l'Asie Mineure (Hebr., XIII, 23 ; Phil., II, 19, 23) ; puis, sa mission terminée, a rejoint l'Apôtre; l'Espagne évangélisée, tous deux sont repartis ensemble pour l'Orient. Peut-être l'Apôtre, selon la promesse faite (Hebr., XIII, 23), a-t-il revu les Romains, en passant. Mais il est naturel de penser qu'il n'a pas séjourné longtemps à Rome, et qu'il a fait voile vers l'Asie Mineure vivement.
Nous pouvons, avec une part de conjecture et en recueillant les rares indications que nous fournissent les Lettres Pastorales, marquer comme il suit, les étapes de ces derniers mois de saint Paul : Ile de Crète : Tit, I, 5 ; Milet : II Tim., IV, 20 ; Ephèse : I Tim., I, 3 ; Alexandria Troas : II Tim., IV, 13 ; la Macédoine : I Tim., I, 3 ; Nicopolis : Tit, III, 12 ; enfin Rome : II Tim., I, 16, 17 ; et l'on est en droit de supposer que l'Apôtre a visité ces chrétientés diverses, dans l'ordre même où nous venons de les énumérer.
C'est donc dans le cours de cette dernière année (66) qu'ont été écrites les Lettres Pastorales. La Première à Timothée et l'épître à Tite semblent de la même heure : la teneur de l'une a servi à l'Apôtre pour écrire l'autre, les prescriptions sont identiques dans leur objet ; parfois les termes eux-mêmes sont intégralement reproduits.
Nous pouvons admettre que les trois lettres ont été écriies en cet ordre : Première à Timothée, épître à Tite, Deuxième à Timothée : cette dernière forme le testament de 3'Apôtre, son martyie ayant eu lieu en l'an 67.
Suivons-le pas à pas.
Nous l'avons supposé, Timothée est venu le rejoindre.