‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 6 sur 663 · RÉUNIONS CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

RÉUNIONS CHRÉTIENNES

insistait pourtant et conjurait les croyants de se séparer d'une génération rebelle qui s'obstinait dans son péché.

Au groupe des disciples du Cénacle se joignirent en ce jour environ trois mille chrétiens nouveaux qui furent baptisés. Tel fut le fruit de cette première prédication.

^2 Erant autem persévérantes in doctrina Apostolorum, et communicatione fractionis panis, et orationibus. ^^ Fiebat autem omni animae timor : multa qaoque prodigia et signa per Apostolos in Jérusalem fiebant, et metus erat magnus in universis. 44 Omnes etiam qui credebant, erant pariter, et habebant omnia communia. 45 Possessiones et substantias vendebant, et dividebant illa omnibus, prout cuique opus erat 46 Quotidie qaoque perdurantes unanimiter in templo et frangentes circa domos panem, sumebant cibum cum exultatione ?r simpiicitate^cordis,^'i zoliaudantes Deum, et habentes gratiam ad omnemplebeni.Doniinus autem augebat qui sajvi fièrent quotidie in idipsum.

Les derniers versets du chapitre sont consacrés à nous décrire, en raccourci, la vie de cette synagogue des Nazaréens, comme nous pourrions l'appeler. On y reconnaît :

a) la persévérance dans l'enseignement des apôtres, témoins de la vie, organes de la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ ;

b) la vie commune et un système de relations fraternelles constantes (t^ xo^vwvta), qui prolongeait dans une société plus étendue les conditions de vie du collège apostolique lui-même ;

c) la communauté des biens et la pauvreté individuelle ;

d) la fraction du pain, le repas commun où les fidèles se réunissaient le soir, d'abord pour prendre la nourriture ensemble, puis, pour recevoir l'Eucharistie des mains des apôtres, selon lé précepte qu'en avait donné le Seigneur (Luc, XXII, 19 ; I Cor., XI, 24, 25. Cf. Didachè) ;

e) enfin la prière commune. Là encore, il faut lire la

Didachè, qui semble n'être qu'un commentaire de la brève description donnée par les Actes.

Sans doute, tous ne se rendirent pas à la parole de saint Pierre, et nous savons trop par le récit évangélique lui-même ce qui, au cœur de beaucoup, s'opposait à leur conversion : Dilexerunt enim gloriam hominum magîs quam gloriam Dei (Joan., XII, 43). Mais ceux-là mêmes éprouvaient un sentiment fort complexe, mêlé de crainte et d'inquiétude au souvenir de tout ce qui s'était passé durant les cinquante derniers jours, à la vue des signes et des miracles accomplis par les apôtres, en face aussi des conversions nombreuses qui Venaient chaque jour grossir le nombre des fidèles. Il y avait là, en effet, de quoi faire réfléchir. Quant aux croyants, ajoute l'écrivain sacré qui revient avec complaisance à la description de la vie des premiers chrétiens esquissée déjà au verset 42 ils se réunissaient souvent, et mettaient en commun tous leurs biens ; ils vendaient leurs possessions en terres et maisons, et en distribuaient le prix selon les besoins de chacun. En un mot, il semblait que la première Eglise à Jérusalem n'eût d'autre souci que de prolonger la vie du Seigneur avec ses apôtres durant les années de son ministère. Chaque jour on les voyait au Temple ; car ils maintenaient le lien avec le mosaïsme, et semblaient ne former qu'une synagogue de plus parmi les synagogues de tout pays représentées à Jérusalem. Chaque jour aussi, au Cénacle et dans leurs maisons particulières ils prenaient un repas commun dans la joie et la simplicité de leur cœur, en chantant les louanges de Dieu. Le peuple tout entier les avait en grande affection, et chaque jour voyait s'accroître, sous la main de Dieu, le nombre des disciples.

Telle était la physionomie que prit librement et spontanément cette Eglise première : elle s'organisait, d'ellemême, sous une forme monastique.

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