‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 7 sur 663 · LA GUÉRISON DU PARALYTIQUE · texte numérisé non relu

LA GUÉRISON DU PARALYTIQUE

1 Petms autem et Joannes ascendebant in templum ad horam orationis nonam. 2 Et quidam vir, qui erat claudus ex utero matris suae, bajulabatur : quem ponebant quotidie ad portam iempli, quae dicitur Speciosa, ut peter et eleemosynam ab introeuntibus in templum. s /s cum vidisset Petrum, et Joannem incipientes introire in templum, rogabat ut eleemosynam acciperet. ^Intuens autem in eum Petrus cum Joanne, dixit : Respice in nos. 5 At ille intendebat in eos, sperans se aliquid accepturum ab eis. 6 Petrus autem dixit : Argentum et aurum non est mihi : quod autem habeo, hoc tibi do : In nomine Jesu Christi Nazareni surge, et ambula. 7 Et apprehensa manu ejus dextera, allevavit eum, et protinus consolidatae sunt bases ejus, et plantae. ^ Et exiliens stetit, et ambulabat : et intravit cum illis in templum ambulans, et exiliens, et laudans Deum. ^ Et vidit omnis populus eum ambulantem, et laudantem Deum. 10 Cognoscebant autem illum, quod ipse erat, qui ad eleemosynam sedebat ad Speciosam portam templi : et impleti sunt stupore et extasi in eo quod contigerat illi. n Cum teneret autem Petrum, et Joannem, cucurrit omnis populus ad eos ad porticum, quae appellatur Salomonis, stupentes.

L'Eglise naissante n'a encore rencontré aucune hostilité dans le pouvoir, à la fois religieux et politique, de Jérusalem. Malgré les caractères qui la dessinent et la distinguent, la nouvelle synagogue conserve avec l'ancienne de si nombreux points de contact qu'elle peut être confondue avec elle. L'épisode miraculeux raconté au chapitre III, 1-12, fournit la matière d'une enquête et l'occasion d'un premier interdit. Les deux chapitres III et IV ne forment réellement qu'un seul ensemble se rattachant tout entier à cet épisode. A quelle époque s'est-il produit, c'est ce que nous ne pouvons définir,

en l'absence de toute précision chronologique. Nous devons noter d'ailleurs que la première partie des Actes jusqu'à l'entrée en scène de saint Paul, chapitre IX, se compose toute d'épisodes isolés, fragmentaires, groupés ensemble, sans aucune indication de date. Visiblement, ces chapitres ont été fournis par les souvenirs de la communauté : ils embrassent une quinzaine d'années sur lesquelles quelques événements ont seuls surnagé.

Comme en l'élection de saint Mathias, comme au jour de la Pentecôte, nous retrouvons ici encore saint Pierre en premier rôle. Mais cette fois il est associé à saint Jean ; les deux apôtres ensemble se rendent au Temple à la neuvième heure, la troisième des prières diurnes (Dan., VI, 10). Ils arrivent à la porte dite la Belle ou la Spécieuse.

D'après la description de Josèphe (de Bello Judaico, V, 5, 3), le Temple de Jérusalem comptait neuf portes : quatre au Nord, quatre au Sud, et une plus extérieure, à l'extrême Orient, vers la vallée du Cédron. Cette dernière s'appelait la porte de Nicanor, ou encore la porte Corinthienne, et nombre de commentateurs croient que c'est à son entrée que se tenait le paralytique. D'autres ont observé qu'au v. 11 de ce même chapitre, l'écrivain sacré ayant fait allusion au Portique de Salomon, il était plus naturel de trouver la porte, dite la Belle, dans la porte de Susan, voisine en effet du Portique de Salomon. Mais cette question, on le voit, n'intéresse que l'archéologie pure : il suffit aux exigences du texte que la porte choisie par le paralytique ait été plus fréquentée que les autres. C'est une coutume ancienne (Luc, XVIII, 35 ; Joan., IX, 1), et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, que les abords des temples soient livrés aux pauvres et aux affligés. Le paralytique était l'un et l'autre. Même son infirmité datait de sa naissance ; des proches ou des amis l'amenaient chaque jour à la porte du Temple, afin d'exciter en sa faveur la pitié publique. Lorsqu'il vit Pierre et Jean se diriger vers la porte, il leur demanda l'aumône selon sa coutume.

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