CONDITIONS DE LA PRIÈRE PUBLIQUE
8 Volo ergo viros orare in omni loco, levantes paras manus sine ira, et disceptatione. 9 Similiter et mulieres in habita ornato, cum verecandia, et sobrietate ornantes se, et non in tortis crinibas, aut aaro, aat margaritis, vel veste pretiosa : 10 sed quod decet mulieres, promittentes pietatem per opérabona.
Après le devoir et l'objet de la prière, voici l'ordre et les» conditions de la prière dans la communauté chrétienne. Conformément à ce qui vient d'être dit, ajoute-t-il, et pour ac—
complir le précepte de la prière pour tous les hommes, et en particulier tous ceux qui sont constitués en autorité, toute la communauté chrétienne priera : Juifs pi Gentils, hommes et femmes, sans que personne puisse s'excepter de cette prière et de la largeur de son intention.
Le vouloir de Dieu est que les hommes prient en tout lieu. On peut interpréter la parole de l'Apôtre comme une invitation à la prière continuelle : sine intermissione orate (I Thess., V, 17). Dieu étant partout, il donne partout audience, et le devoir du chrétien est de se tenir partout comme dans un sanctuaire. Ce n'est donc pas à Jérusalem seulement qu'il faut adorer, ni sur le mont Garizim. Cela est vrai. Nous portons partout notre foi : la prière est donc aussi universelle dans son exercice que dans son objet. Mais il semble que la parole de l'Apôtre doit être entendue au sens de in omni loco oraiionis. Les indications données ici demeurent relatives à la prière de la communauté réunie, non à la prière individuelle et intérieure, que les hommes d'ailleurs ne pourraient faire partout en étendant les mains qu'à la condition de ressembler aux Pharisiens, et d'avertir, par leur attitude, tous les hommes 'qu'ils sont en prière. Ce serait très précisément le contraire de la prescription du Seigneur : Tu autem, cam oraveris, intra in cabiculum tuum, et clauso ostio, ora Patrem tuum in abscondito (Matth., VI, 6). -
Mais les hommes doivent prier in omni loco, sous-entendu orationis, en quelque lieu que se réunissent les chrétiens. Nul ne sera exclu. Dieu peut donner son esprit à qui il veut. Les Juifs, à raison de leurs privilèges d'hier, aujourd'hui étendus au monde entier, ne se persuaderont pas qu'ils sont les seuls à pouvoir prendre la parole dans les communautés chrétiennes, les seuls à pouvoir s'adresser à Ditu, les seuls à pouvoir édifier leurs frères. Il n'y a plus de Juif et de Gentil, plus de Grec et de Barbare. Un même niveau de noblesse et de liberté divine ayant passé sur le monde, on n'interdira pas à un Gentil converti de prendre la parole et de prier conveniuellerhent, même dans une réunion où l'élément juif serait