ATTITUDE DE LA PRIÈRE
prépondérant : Spiritum nolite extinguere. II est facile de voir comment cette interprétation cadre avec la pensée de saint Paul, toute tendue vers l'universalité, comment elle répond aussi aux prescriptions qu'il donnera tout à l'heure à la seconde portion de l'humanité.
L'attitude de la prière est indiquée. Toute prière conventuelle se faisait au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et reproduisait l'attitude du Seigneur en croix. C'est l'attitude de l'orante des Catacombes, c'est l'attitude du prêtre à partir de la Préface et du Canon de la Messe. Nous disons à Dieu, sous cette forme, de ne pas nous regarder, nous, mais le Seigneur lui-même : Protector noster, aspice, Deiis, et res~ pice in faciem Christi tui. Nous reproduisons l'attitude du Seigneur en croix ; encore faut-il que la reproduction soit intérieure aussi, que nous ayons dit adieu à toute colère, à toute rancune, à toute contestation. C'est dans l'unité parfaite du Christ que nous devons paraître devant Dieu : sic et Pater meus caelestis faciet vobis, si non remiseritis unusquisqùe fratri suo de cordibus vestris. L'union des cœurs est un élément préalable à la prière, et une condition de son efficacité. Partout, le souci de l'unité, de la fraternité, de l'universalité.
De même, les femmes. On le comprend bien, ce ne sont pas des recommandations abstraites et faites à la cantonade : elles étaient motivées non pas seulement par des considérations doctrinales, mais, comme nous avons lu autrefois en la Première aux Corinthiens, par des abus qui se glissaient dans les réunions chrétiennes. Pour bien comprendre^ il faut naturellement sous-entendre, au commencement du verset 9, le verbe orare, Tcpoa-eûys(73a'., du verset 8.
Dans la communauté chrétienne réunie, les femmes prieront, comme les hommes : elles ont le droit de s'adresser à Dieu. Mais le respect qu'elles doivent à Dieu, qu'elles doivent aux anges et à leurs frères, leur fera une loi de ne pas venir en négligé et comme au moulin : elles viendront dans une toilette décente, ou même ornée, avec modestie toutefois et simplicité : sans tresses ni torsades, sans ostentation d'or ni de
perles, ni d'habits somptueux et de falbalas. Rien de tout cela ne sied à des femmes chrétiennes. Leurs vraies perles, leurs diamants, ce sont les bonnes œuvres, et c'est par là qu'elles témoignent appartenir à Dieu et au Christ. Ces recommandations sont fréquentes dans les écrits apostoliques : souvenons-nous du chapitre XI et du chapitre XIV de la Première aux Corinthiens, puis du chapitre III de la première épître de saint Pierre. Une aveugle déférence à la mode porte trop souvent les femmes du monde à s'enlaidir, et aujourd'hui, comme autrefois, l'Apôtre serait obligé sans doute de les rappeler à la décence et de leur recommander plus de discrétion et de mesure.
11 Mulier in silentio discat cum omni subjectione. 12 Docere autem mulieri non permitto, neque dominari in virum : sed esse in silentio. i3 Adam enim primas formatas est ; deinde Heva ; i4 et Adam non est seductus : mulier aatem seduda in praevaricatione fuit, is Salvabitur aatem par filiorum generationem, si permanserit in fide, et dilectione, et sanctificatione cum sobrietate.
Mais si elle a sa part dans la prière conventuelle, la chrétienne n'en a pas dans la prédication et l'enseignement. Ce n'est ni son rôle, ni sa fonction. Elle gardera donc le silence, au souvenir de l'ordre établi par Dieu, au souvenir de tout ce qui est survenu par son fait, le jour où elle a commencé à diriger et à gouverner.
En effet, dans l'ordre primitif de la création, Adam a été créé le premier, Eve, la seconde. Cela indique le rôle de l'un et de l'autre.
Puis, dans l'histoire de la faute, on peut remarquer qu'Adam n'a pas été réellement trompé par le tentateur. Son tort, et il fut immense, a été de se laisser persuader par Eve et vaincre par l'affection qu'il avait pour elle. La femme, elle, a été i:rompée, elle a été déçue et séduite.
Encore, cette situation inférieure où l'ordre de Dieu re-