‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 613 sur 663 · RÔLE DE LA FEMME CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA FEMME CHRÉTIENNE

lègue la femme, ne la laisse pas sans devoirs, sans responsabilités, je dirais volontiers^ sans de larges compensations. Après lui avoir refusé des fonctions qui ne peuvent être les siennes, l'Apôtre lui assigne son vrai rôle. Il lui a rappelé la part qu'elle eut dans la faute première ; mais il la console aussitôt en lui disant comment elle rachètera et fera oublier la malédiction dont elle a été la cause, la chute première dont elle a été l'instrument. Gardons-nous de l'interprétation d'après laquelle la fécondité de la femme lui vaudrait le salut ; ce qui entraînerait par voie de conclusion une malédiction prononcée sur les épouses stériles. Le sens est ailleurs. Pour l'Apôtre, la femme chrétienne représente Eve, à qui Dieu avait infligé le châtiment : In dolore paries filios (Gen., III, 16). Mais aujourd'hui, la femme rachète l'erreur de son sexe et sa faute personnelle, et la chute de ceux qui naissent d'elle, par une conduite opposée à celle qu'elle a tenue primitivement. Elle demeure soumise à son mari. Elle porte le fardeau du mariage, matrimon'mm, qui pèse surtout sur elle comme l'expiation de sa faute. Mais elle trouve le salut et la bénédiction dans ces mêmes conditions on le Seigneur lui avait envoyé la douleur. Elle sera sauvée et sanctifiée non par sa simple fécondité, mais au moyen de cette fécondité, pourvu que par ses soins attentifs, elle^ garde ses enfants du mal, et les maintienne dans la vertu, jxe^vwo-'.v.

La pensée de la Vulgate est incontestablement juste : la femme sera sauvée si elle persévère dans les vertus chrétiennes. Mais alors, on ne voit plus la raison de l'allusion aux enfants, ni le rôle de la mère, ni le procédé par lequel elle repare dans ses enfants les conséquences dé la chute dont elle fut cause. Aussi, n'hésitons pas à donner ce sens : elle sera sauvée par les soins qu'elle donnera aux enfants nés d'elle {Texvoyovia étant un terme générique et large dont l'Apôtre se sert pour désigner tout le rôle maternel) ; et si ses enfants, grâce à elle, demeurent dans la foi, dans la charité, dans la sainteté de leur baptême, dans la dignité modeste de la vie chrétienne. C'est là qu'elle doit dominer, là qu'elle doit en-

seigner. Là elle est toute-puissante. Ses chefs-d'œuvre à elle, ce sont ses enfants. Sur ce même terrain où elle avait été touchée de la malédiction, elle trouve le procédé pour se relever elle-même, et pour relever sa race comme elle l'avait fait déchoir.

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