FIDÉLITÉ A LA GRÂCE
que nul ne soit tenté de le mépriser à cause de sa jeunesse. A quoi Timothée pouvait répondre que cela ne dépendait pas de lui, puisqu'il n'était pas en son pouvoir de gouverner les sentiments d'autrui. Aussi, saint Paul lui indique le vrai procédé : être le modèle des chrétiens dans son langage, son attitude, sa foi, sa charité, sa dignité ou simplicité surnaturelle. L'Apôtre ne tardera plus à revoir Ephèse : en attendant, son disciple devra, sans relâche, s'appliquer à l'étude des Saintes Lettres, à l'exhortation, à l'enseignement de la doctrine. C'est toute sa vocation et sa raison d'être. Il a été choisi de Dieu, désigné par lui, consacré et investi par l'imposition des mains de saint Paul et des anciens de l'Eglise : il ne saurait, sans déchoir et sans trahir, négliger la grâce reçue. Négliger la grâce reçue par lui, qu'est-ce à dire ? Il ne saurait vivre comme s'il ne l'avait pas reçue, ni laisser dormir dans l'inaction les vigueurs surnaturelles créées en lui. La nature humaine est si amoureuse du moindre effort, et l'ouvrier évangélique lui-même est accessible à une perfide tentation. Elle consiste à considérer dans la grâce reçue l'élément de distinction et de dignité où elle nous constitue et dont il est facile de jouir, en pensant peu ou pas à l'élément de devoir et de responsabilité qu'elle implique en même degré. N'est-ce pas là négliger la grâce que ne regarder en elle que le privilège et non le devoir? Pensez-y, ajoute l'Apôtre avec gravité, pensez-y assidûment ; vous y trouverez le motif d'un progrès qui se traduira aux yeux de tous. Vous devez édifier les fidèles, tout à la fois par votre exemple et votre parole : c'est grâce à l'un et l'autre que vous procurerez leur salut et le vôtre.