‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 632 sur 663 · LES ESCLAVES ET LES RICHES · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES ET LES RICHES

1 Quicumque sunt sub jugo servi, dominos suos omni honore dignos arbitrentur, ne nomen Domini et doctrina blasphemetur. 2 Qui aatem fidèles habent dominos, non contemnant, quia fratres sunt : sed magis serviant, quia fidèles sunt et dilecti, qui beneficii participes sunt. Haec doce, et exhortare. s Si quis aliter docet, et non acquiescit sanis sermonibus Domini nostri Jesu Christi, et ei, quae secundum pietattm est, doctrinae : 4 superbus est, nihil sciens, sed languens circa quaestiones, et pugnas verborum : ex quibus oriuntur invidiae, contentiones, blasphemiae, suspiciones malae, s conflictationes hominum mente corruptorum, et qui veritate privati sunt, existimantium quaestum esse pietatem. ^ Est autem quaestus magnus pietas cum sufficientia. ^ Nihil enim intulimus in hune mundum : haud dubium quod nec auferre quid possumus. 8 Habentes autem alimenta, et quibus tegamur, his contenti simus. ^ Nam qui volunt divites fieri, incidunt in tentationem, et in laqueum diaboli, et desideria multa inutilia, et nociva, quae mergunt homines in interitum, et perditionem. 10 Radix enim omnium malorum est cupiditas : quam quidam appeientes erraverunt a fide, et inseruerunt se doloribus multis.

Dans le laisser-aller affectueux d'une conversation, la pensée va librement, lès transitions sont négligées, les interruptions fréquentes et les parenthèses n'ont pas besoin d'excuse. L'Apôtre songe bien moins d'ailleurs à l'ordre rigoureux et méthodique de ses conseils qu'aux besoins réels et aux nécessités de l'Eglise.

Après les groupes hiérarchiques de la société chrétienne^ ce sont maintenant les esclaves qui appellent son attention.

Les auteurs classiques nous ont appris le nombre presque infini des esclaves, et la crainte générale qu'ils ne vinssent à se compter. Nous savons par le témoignage de l'Apôtre que c'était dans la portion la plus humble de la société que se recruta, tout d'abord, le christianisme : non multi patentes, non multi nobiles. Par une disposition divine, et presque naturellement, ceux-là donnaient leur nom à la doctrine nouvelle qui en avaient le plus pressant besoin. Ce n'est pas la première fois que la pensée de l'Apôtre se porte vers les esclaves (Eph., VI, 5-10 ; Col., m, 22). Le christianisme ne poussait pas, de façon brusque et indiscrète, à l'émancipation prématurée : ce n'était que moyennant un changement profond dans les âmes et dans les mœurs, par l'éducation de l'esclave lui-même, que l'esclavage pouvait être éliminé. L'émancipation d'ensemble, alors même qu'elle eût été possible, aurait ébranlé tout l'ordre social. On ne pouvait toucher qu'avec mesure à une institution qui faisait partie intégrante de la société antique et que le plus sage des philosophes avait déclarée nécessaire. Si l'Apôtre revient une fois de plus auprès de Timothée, et bientôt auprès de Tite (II, 9-10), sur cette question délicate, c'est que la passion et les doctrines perverses avaient commencé déjà à la fausser et à l'envenimer.

Tous les chrétiens, quels qu'ils soient, qui portent le joug de l'esclavage, traiteront leurs maîtres avec respect. L'Apôtre ne distingue pas encore entre les maîtres qui sont chrétiens et ceux qui ne le sont pas. L'injonction est générale. Mais le nom du Seigneur, la vie et la doctrine des chrétiens couraient plus de risque auprès des païens, lorsqu'un esclave converti se dérobait à son devoir : c'était au Dieu des chrétiens, à leur doctrine, que l'on imputait la faute des chrétiens. Et si le miaître est chrétien, l'esclave ne devra pas se prévaloir, pour désobéir, de ce qu'il possède avec son maître une foi comm.une, de ce que religieusement, devant Dieu, maître et esclave sont frères ; mais bien plutôt l'esclave apportera à un maître croyant comme lui, aimé de lui, un service plus empressé et plus fidèle.

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