LE DÉPÔT CONFIÉ
devons compter, c'est lui seul qui nous procure tout ce qui peut faire la joie de notre vie. De l'abondance qu'il verse en leurs mains, les riches, s'ils sont sages, feront des œuvres de charité, se créeront des richesses supérieures et spirituelles, s'inclineront vers les besoins de leurs frères. Ils se prépareront ainsi un trésor pour l'avenir éternel, un motif d'espérance assurée de la vraie vie, la vie future.
Une dernière exhortation. Soyez attentif et vigilant à garder le dépôt sacré de la foi. Que le souci de le garder intact vous fasse éviter les théories vaines, les formules nouvelles et osées, les objections que soulève une science menteuse et indigne du nom qu'elle se décerne orgueilleusement,. Ce ne sont que rêveries ; mais, à s'y livrer, plusieurs ont per-' du la foi.
Que la grâce soit avec vous ! Amen.
ÉPITRE A TITE CHAPITRE ï
l'église de CRÈTE
On ne saurait séparer l'une de l'autre la première épître à Timothée et l'épître.à Tite. Toutes deux sont de la même heure, s'adressent à deux disciples de saint Paul, ont le même thème, contiennent les mêmes recommandations conçues souvent dans les mêmes termes, répondent aux mêmes besoins : elles se ressemblent comme deux sœurs. Un indice, familier à saint Paul dans sa vieillesse, leur est commun : c'est la formule d'assertion vigoureuse et d'adhésion intellectuelle enthousiaste, qui ressemble à VAmen, amen dico vobis de l'Evangile : Fidelis sermo, et omni acceptione dignus. Elle a été répétée trois fois au cours de la Première à Timothée (I, 15 ; III, 1 ; IV, 9), nous la retrouvons comme un refrain dans l'épître à Tite (III, 8), et même plus tard dans la Deuxième à Timothée (II, 11).
Comme la Première à Timothée dont elle est contemporaine, la lettre à Tite a été écrite sur le déclin de l'année 66, peut-ttre de Troas, peut-être de Philippes, durant le voyage que l'Apôtre a entrepris, après l'Espagne et après Rome, afin d'affermir dans la foi les chrétientés de l'Orient. Il a visité la Crète, Ephèse, l'Asie Mineure et, par Troas, la Thessalie et la Macédoine, se dirigeant vers l'Epire. Il a écrit à Timothée demeuré à Ephèse : il écrit aujourd'hui à Tite demeuré en l'île de Crète. Seulement, la mission de Tite semble devoir durer moins longtemps, au lieu que Timothée est à demeure : sous peu, les intérêts confiés momentanément à Tite seront remis aux mains de l'un ou l'autre des compagnons de saint Paul, Artémas ou Tychicus (Tit., III, 12). Alors, rendu libre.
Tite viendra rejoindre l'Apôtre à Nicopolis. Car c'est à Nicopolis qu'il se propose de passer l'hiver de 66-67, afin, de là, d'agir sur l'Epire, la Dalmatie et l'Illyrie.
I Paulus servus Dei, Aposfolus aatem Jesu Christi secundum fidem electorum Dei, et agnitionem veritatis, quae secundum pietatem est 2 In spem viiae aeternae, quam promisit qui non mentitar, Deus, ante tempora saecularia : s manifestavit autem temporibus suis verbum suum in praedicatione, quae crédita est mihi secundum praeceptum Salvatoris nostri Dei : 4 Tito dilecto filio secundum communem fidem, gratia, et pax a Deo Pâtre, et Christo jesu Salvatore nostro.
Nous avons tant de fois rencontré la formule de l'adresse que le lecteur nous pardonnera de rappeler ici qu'elle ne fait que reproduire, en lui donnant une saveur chrétienne, la suscription ordinaire que les anciens donnaient à leurs lettres, qu'ils signaient d'avance, unissant à leur nom celui du destinaire avec un souhait pour les nouer ensemble. Au premier abord, il peut sembler que la formule de l'Apôtre soit bien solennelle, s'adressant à un disciple et rappelant néanmoins le titre de son autorité. Tite n'en avait pas besoin. Mais il est simple de remarquer qu'en lui écrivant, l'Apôtre écrivait à l'Eglise gouvernée par ce disciple : ce qui justifie le rappel de son autorité.
II est serviteur : c'est condition humble ; serviteur de Dieu : c'est condition glorieuse. La forme spéciale de son service, c'est d'être Apôtre de Jésus-Christ, c'est-à-dire son ambassadeur. A la différence de ceux qui sèment l'erreur, il a conscience que son enseignement est conforme à la foi qui sauve les élus de Dieu, conforme à la doctrine jde vérité qui est à la base de la piété chrétienne. Le dessein de l'Apôtre est d'opposer à la fausse science gnostique l'eTrtyvws-K; ou science chrétienne ; et la doctrine qui fonde la piété, aux imaginations